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Centrafrique: procédure disciplinaire contre des soldats français accusés de sévices graves

Des soldats français sont soupçonnés de sévices graves, à Bangui, capitale de la Centrafrique, dans les premiers mois de 2014. (Photo d'illustration)

Des soldats français sont soupçonnés de sévices graves, à Bangui, capitale de la Centrafrique, dans les premiers mois de 2014. (Photo d'illustration) - AFP

Cinq soldats du 2e régiment d'infanterie de marine (Rima) basé à Auvours, près du Mans, sont soupçonnés d'avoir infligé des sévices physiques graves à deux Centrafricains, à Bangui, en 2014. Une procédure disciplinaire a été lancée.

Une nouvelle affaire éclabousse les forces françaises engagées en Centrafrique. Une procédure disciplinaire a été engagée à l'encontre de cinq soldats français, accusés de sévices physiques sur deux Centrafricains, a annoncé samedi le ministère français de la Défense. 

Selon le quotidien Ouest-France, qui a eu la primeur de l'information, cette nouvelle affaire n'a pas de connotation sexuelle, contrairement à plusieurs accusations antérieures d'abus commis par des militaires français de l'opération Sangaris en Centrafrique, mais aussi par des Casques bleus de plusieurs contingents.

"Au vu de la gravité des faits, des mesures de suspension ont été prononcées à l'égard de cinq militaires, auteurs de violences ou responsables hiérarchiques ayant assisté et laissé faire ces violences", indique le ministère.

Des sévices graves infligés à Bangui en 2014

"Simultanément, a été engagée une procédure disciplinaire (...) préalable à toute éviction de l'institution", a-t-il ajouté, confirmant des informations du quotidien régional Ouest-France.

Le ministère de la Défense ajoute aussi que des sanctions disciplinaires ont été prononcées à l'encontre de quatre militaires, "qui tout en ayant eu connaissance des faits n'en n'ont pas rendu compte".

Les soldats français sont soupçonnés de sévices graves, à Bangui, dans un poste du PK 12 (point kilométrique) dans les premiers mois de 2014, selon Ouest-France.

Signalement aux autorités judiciaires

Il s'agit de soldats du 2e régiment d'infanterie de marine (Rima) basé à Auvours, près du Mans (ouest), ajoute le quotidien. Le chef de corps du régiment a alerté sa hiérarchie militaire le 28 avril.

Le chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Jean-Pierre Bosser, en a alors informé le ministre de la Défense qui a ordonné "que soit immédiatement effectué un signalement aux autorités judiciaires".

La France est intervenue en décembre 2013 en Centrafrique, une de ses anciennes colonies en proie à l'anarchie et aux violences intercommunautaires. L'opération Sangaris doit se terminer en décembre, au terme d'un désengagement progressif. De plus de 2.500 militaires au plus fort de la crise, Sangaris n'en compte déjà plus que 650.
la rédaction avec AFP