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Florange : « On prendra nos responsabilités », dit Ayrault

Des salariés du site ArcelorMittal à Florange.

Des salariés du site ArcelorMittal à Florange. - -

Arnaud Montebourg a confirmé à demi-mot le souhait d’ArcelorMittal de fermer l’usine de Florange et dit vouloir engager un « bras de fer ». Jean-Marc Ayrault, a lui réaffirmé sa détermination à trouver un repreneur au site.

Après les espoirs déçus, le bras de fer : après avoir rencontré les salariés, le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a confirmé à demi-mot le souhait d'ArcelorMittal de fermer les hauts-fourneaux de Florange. Il a annoncé aux travailleurs de Florange que le gouvernement français était par conséquent entré « en conflit » avec le sidérurgiste. « Nous sommes maintenant engagés dans un conflit c’est un bras de fer difficile qui s’engage avec une multinationale de l’acier et nous allons le mener ensemble, a-t-il lancé aux salariés. Nous demandons et nous exigeons d’ArcelorMittal quelle que soit la décision que finalement il prendra qu’il investisse de façon significative et importante l’ensemble des montants que nous avons exigés, qui s’élèvent à 150 millions ».

« Pas besoin de venir ici pour dire ça »

Les salariés de Florange ne sont pas convaincus. « Il nous rabâche ce que nous on sort depuis un an. Pas besoin de venir ici pour dire ça », lâche Julien qui travaille sur le site depuis 10 ans. Et les ouvriers gardent peu d’espoir quant à l’issue du conseil d’entreprise qui aura lieu lundi : « C’est une très mauvaise nouvelle, mais il ne faut pas se voiler la face on s’y attendait. On voit bien comment M. Mittal agit dans toute l’Europe je ne vois pas pourquoi il ferait autrement en France, estime Jérôme, salarié depuis 8 ans à Florange. C’est une stratégie qui marche très bien pour lui, donc ce qui est sûr c’est qu’il va nous faire danser comme il fait danser les autres pays. Mais vu ce que nous annonce M. Montebourg, on va droit à la fermeture. On voit très bien les pistes sur lesquelles il travaille, donc il sait très bien que c’est la fin ».

« On va d'abord chercher un repreneur »

Objectif du gouvernement désormais : convaincre ArcelorMittal d'accepter un repreneur pour les hauts fourneaux. Et pour cela, le gouvernement est prêt à légiférer : l'obligation pour toute société qui envisage de se débarrasser d'une usine de chercher un repreneur plutôt que de le fermer était une promesse de campagne du candidat Hollande. « J’ai indiqué à la direction d’ArcelorMittal que le projet de loi que prépare le gouvernement qui organise la reprise par voie de justice d’un site industriel viable était prêt, a lancé jeudi Arnaud Montebourg aux salariés. Je vous confirme que le texte est rédigé et qu’il peut être discuté à tout moment par l’Assemblée nationale ».
« On va d'abord chercher un repreneur, après on prendra nos responsabilités », a confirmé le Premier ministre Jean-Marc Ayrault, jeudi soir sur France 2. « Le groupe socialiste a préparé en liaison avec moi une proposition de loi pour obliger, lorsqu'une entreprise veut vendre, à rechercher un repreneur », a-t-il ajouté, précisant que le groupe socialiste allait déposer le texte « la semaine prochaine ».

La Rédaction, avec Antoine Serres