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Feux en Amazonie: Ségolène Royal accuse Jair Bolsonaro de "mentir"

Invitée ce vendredi matin de RMC et BFMTV, l'ancienne ministre de l'Environnement et actuelle ambassadrice des pôles livre un regard très critique de l'attitude du président brésilien alors que le "poumon de la planète" est actuellement ravagé par des incendies.

Ce sont des accusations qui ne passent pas aux yeux de Ségolène Royal. Invitée ce vendredi matin de Jean-Jacques Bourdin sur RMC et BFMTV, l'ambassadrice des pôles n'a pas apprécié que Jair Bolsonaro tienne pour responsable les ONG des violents incendies qui ravagent actuellement l'Amazonie, poumon vert de la planète.

"On a le chef de l'État du Brésil qui vient de nous raconter que ce sont les ONG qui mettent le feu, alors que c'est la déforestation massive qu'il a décidée [qui en est à l'origine]", corrige notre invitée. Avant d'accuser directement le président brésilien: "Il ment."

Face à la catastrophe et l'urgence de la situation, quelle responsabilité peut exercer la France? "La France a son mot à dire, nous sommes un pays amazonien avec la Guyane, donc nous avons une responsabilité à prendre", martèle l'ancienne ministre de l'Environnement, en poste de 2014 à 2017.

Tous les symboles de la protection de la nature

Une urgence qui a conduit Emmanuel Macron à inscrire le sujet des feux en Amazonie à l'ordre du jour du G7, dès son ouverture. Un geste "important, crucial", salué par cette figure historique du Parti socialiste qui estime que derrière cette question, "il y a tous les symboles":

"Il y a la déforestation accélérée, la destruction des populations autochtones, les populations indiennes, il y a de grandes manifestations des femmes en Amazonie, donc il y a tous les sujets symboliques de la protection de la nature derrière la question de l'Amazonie."

Au-delà des déclarations de Jair Bolsonaro, Ségolène Royal regrette également que la crise actuelle en Amazonie ne soit abordée que part le prisme brésilien.

"Déjà le Brésil n'est pas le seul pays amazonien, il y a tous les autres pays d'Amérique latine, et c'est un poumon de la planète, comme toutes les grandes forêts primaires qui aujourd'hui sont gravement menacées."

Avant de pousser encore plus loin son analyse de la situation, en évoquant une "organisation" des incendies qui "permet de défricher la forêt et de mettre derrière des grandes cultures, avec des pesticides, de l'huile de palme, etc." Avec comme résultat "de dévaster cette forêt, qui joue un rôle considérable dans la lutte contre les effets de serre".

Jérémy Maccaud