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Pour Davet et Lhomme, "la trahison et le néant sont l'aspect primordial de Macron"

Les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme publient Le traître et le néant, un bilan critique du quinquennat Macron.

Interviewés ce mardi matin sur BFMTV-RMC, Gérard Davet et Fabrice Lhomme sont revenus sur Le traître et le néant (Editions Fayard), leur nouvel ouvrage, qui raconte les cinq années du mandat du président de la République.

Si Emmanuel Macron et ses proches n'ont pas répondu aux questions des journalistes du Monde, le livre laisse une grande place aux déçus du macronisme.

Trahisons et vide

Les deux auteurs d'Un président ne devrait pas dire ça, leur précédent livre, qui avait pesé dans la décision de François Hollande de ne pas se représenter, sont d'abord revenus sur leur vision du quinquennat Macron.

"Après plusieurs années d'enquête, ce titre, Le traître et le néant, s'est imposé. Ce sont les deux aspects primordiaux de ce qu'est Macron et le macronisme. Sa conquête du pouvoir s'est faite par des trahisons, qui ont ensuite continué à l'Élysée. Mais aussi parce qu'il y a le néant de la République en Marche et de la situation politique avec la candidature d'un polémiste d'extrême droite et des partis politiques traditionnels totalement effacés", a jugé Fabrice Lhomme.

"Politique de gribouille"

Si les deux journalistes ne se sont pas entretenus avec Emmanuel Macron, ils détaillent avoir rencontré plus de 110 personnes pour cette enquête, comme Jacques Attali, qui jette un regard sévère sur le quinquennat.

"Il nous a dit que quelqu'un qui se dit ni de droite ni de gauche est en fait de droite. (...) Il vient encore de dire que Macron, c'est la politique du vide. Et c'est bien là tout le problème. De cette politique faite de godilles et de zigzags, on se retrouve dans le néant. Il s'est construit avec une politique de gribouille. (...) Ca lui permet de ne pas être une cible: un coup à gauche, un coup à droite, un coup au centre. C'est la godille permanente", regrette Gérard Davet.

Philippe marche dans les pas de Macron

Alors qu'Edouard Philippe a lancé son parti au Havre samedi dernier et que certains, au sein de la macronie s'en inquiètent, le chef de l'État, lui, reste très serein.

"François Hollande dit que Macron aussi sera trahi, comme il l'a trahi lui-même. Macron répond qu'Edouard Philippe lui doit tout, qu'il n'osera jamais. Ce week-end, Edouard Philippe a lancé son parti et dit qu'il pourra y avoir une double appartenance à Horizons et à un autre parti. C'est exactement ce qu'avait dit Macron à Hollande en 2016. Alain Minc, l'un des très proches conseillers de Macron nous dit qu'Edouard Philippe est beaucoup moins intelligent que le président, mais aussi beaucoup plus moral, ce qui explique qu'il ne l'a pas trahi", estime Gérard Davet.

La trahison du MoDem

Enfin, les deux journalistes reviennent sur les relations entre Richard Ferrand et François Bayrou. Si ces derniers appellent aujourd'hui de leurs voeux la création d'une maison commune, leurs relations ont commencé sous de mauvais auspices.

"Un accord verbal avait été conclu entre la République en Marche et le MoDem pour leur réserver 144 circonscriptions. Au dernier moment, il y a eu un arbitrage entre Ferrand et Macron et le MoDem en obtient finalement 16. Quand Bayrou a appris ça, il a failli en venir aux mains avec Ferrand, le jour de l'investiture de Macron. (...). Pour le dédommager, les macronistes lui proposent alors 4 millions d'euros. Un député rapporte 40000 euros par an à son parti donc ils ont multiplié cette somme par 100", explique Fabrice Lhomme.
Marie-Pierre Bourgeois