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Départementales: les ressorts d'une abstention qui s'annonce élevée, selon l'Ifop

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Image d'illustration. - Fred Dufour - AFP

Le taux d'abstention au premier tour des élections départementales, dans une semaine, serait de 57%, selon un sondage.

Vers une abstention massive dimanche prochain. La proportion d'électeurs qui ne se rendront pas aux urnes le 22 mars pour le premier tour des élections départementales, s'annonce élevée, avec un taux estimé à 57% par un sondage de l'Ifop réalisé pour Sud Ouest Dimanche, selon laquelle le phénomène est avant tout motivé par le sentiment que le scrutin "ne changera rien" ou par la volonté de "manifester son mécontentement".

Trois arguments sont principalement avancés par les électeurs interrogés par l'Ifop qui comptent s'abstenir.

> Des électeurs désabusés

Ainsi, 38% des abstentionnistes potentiels sont désabusés et estiment que "ces élections ne changeront rien à leur situation". Ils sont majoritaires parmi les ouvriers (53% contre 32% parmi les professions libérales et les cadres supérieurs) et parmi les électeurs de Marine Le Pen à la présidentielle de 2012 (54%).

L'argument "protestataire" arrive en deuxième position avec 32% des abstentionnistes potentiels qui, en boudant les urnes, souhaitent "manifester leur mécontentement à l'égard des partis politiques". Ils sont plus nombreux parmi les seniors (40% contre 18% parmi les moins de 35 ans) et dans l'électorat de Jean-Luc Mélenchon (45%).

> L'argument du manque d'information

L'abstention pour ces élections départementales se nourrit aussi d'une insuffisante information, alors même que l'introduction des binômes et le redécoupage des cantons "sont venus brouiller des repères établis de longue date". Ainsi, 31% des abstentionnistes invoquent une méconnaissance des candidats et 25% une méconnaissance des compétences des conseils départementaux. L'institut note que l'argument de la méconnaissance des candidats est avancé "autant par les ruraux que par les urbains et les franciliens".

> L'argument du manque de représentativité des candidats

Enfin, l'"insuffisance de l'offre électorale" motive 16% des abstentionnistes qui estiment qu'"aucun candidat ne défend ou représente leurs idées". Ce sentiment est très présent parmi les abstentionnistes (25%) ayant voté pour le centriste François Bayrou (Modem) à la présidentielle de 2012. Ceci peut s'expliquer par le fait que le Modem "ne présente quasiment pas de candidats autonomes". A l'inverse, seuls 8% des abstentionnistes ayant voté Marine Le Pen en 2012 invoquent cette raison, le FN étant représenté dans 95% des cantons.

L'enquête a été menée auprès d'un échantillon de 688 électeurs envisageant de s'abstenir au premier tour, extrait d'un échantillon de 1.206 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (hors ville de Paris et métropole de Lyon). Les interviews ont été réalisées par questionnaire auto-administré en ligne du 11 au 13 mars.

V.R. avec AFP