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Départementales: le casse-tête du troisième tour

Les conseillers départementaux devront élire leur président ce jeudi.

Les conseillers départementaux devront élire leur président ce jeudi. - Bertrand Langlois - AFP

Dans le Gard, l'Aisne ou le Vaucluse, la répartition des forces politiques devrait donner lieu à des alliances de circonstance. Le Front national, lui, pourrait tirer son épingle du jeu.

Du côté de l’UMP, l’euphorie née de la large victoire aux élections départementales devrait vite retomber. Car voilà que se profile un troisième tour politiquement délicat. Jeudi, les conseillers fraîchement élus devront en effet élire leur président. Et si une majorité claire se dégage dans la plupart des cas, la situation s’avère bien plus compliquée dans certains départements.

Le Vaucluse en est peut-être l’exemple le plus criant: avec 12 élus de droite, autant de gauche, et 10 conseillers d’extrême droite (FN et Ligue du sud), l’élection du président pourrait virer au casse-tête.

Pour rappel, l'élection d'un président de département se joue à la majorité absolue, du moins lors des deux premiers tours. Si aucun candidat ne réussit à l’emporter, un troisième tour est organisé et le vainqueur est désigné à la majorité relative. En cas d’égalité parfaite, c’est au doyen de l’assemblée que revient la présidence.

Vers des alliances de raison entre UMP et PS

Dès lors, plusieurs cas de figure peuvent être envisagés. Dans certains départements, PS et UMP pourraient décider d’établir une "majorité de gestion", sorte d'alliance de raison. Une situation loin d’être impossible dans le Vaucluse, puisque le PS et l’UMP s’étaient déjà entendus pendant l’entre-deux tours afin de faire barrage au FN.

Même chose dans l’Aisne, où droite et gauche semblent être condamnées à s’entendre, malgré un léger avantage pour l’UMP-UDI (9 cantons, contre 8 au PS). A moins que le parti de droite ne choisisse de se tourner vers le Front national, qui a remporté quatre cantons. Ce qui constituerait tout de même une surprise, Nicolas Sarkozy ayant déjà prévenu que tout responsable de l’UMP passant un accord avec le parti frontiste serait exclu.

Le FN dans le rôle d'arbitre

Pourtant, certains élus pourraient être tentés de franchir le pas. Dans le Gard, les partis de gauche n’ont obtenu qu’une majorité relative, tandis que la droite pourrait atteindre la majorité absolue. Problème: il faudrait pour cela bénéficier des voix des élus FN.

Le parti de Marine Le Pen occupe ainsi le rôle d’arbitre dans plusieurs départements. Pour reporter leurs voix sur tel ou tel candidat, les conseillers frontistes devraient imposer une charte que la nouvelle majorité s’engagera à respecter. De quoi compliquer une gestion déjà laborieuse lorsque les forces en présence sont équilibrées, et semer le trouble au sein d'une UMP qui s’efforce de prendre ses distances avec l’extrême droite.