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EDITO - Elus locaux: "oui, il faut changer de logiciel"

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Le baromètre des éditorialistes - Le président de la République a plaidé lundi, devant les élus locaux, pour une réduction de leur nombre. Une mesure intéressante et nécessaire, estiment les éditorialistes politiques de BFMTV.

Emmanuel Macron a affirmé lundi, lors de la Conférence nationale des territoires, qu'il fallait "engager une réduction du nombre des élus locaux, comme" il a décidé d"'engager une réduction du nombre de parlementaires".

"Nos concitoyens ne comprendraient pas ce traitement différencié", a justifié le président de la République, au Sénat.

Pour les éditorialistes politiques de BFMTV, la décision s'imposait, et le chef de l'Etat a tout juste. 

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> Laurent Neumann: "Intéressant pour revaloriser le statut de l'élu"

"618.000 fois oui, il a raison. Il y a 618.000 élus en France. Cela fait un élu pour 100 habitants. C'est 26 fois plus qu'en Grande-Bretagne, en Irlande, en Allemagne, et que je sache, ces pays ne sont pas moins bien administrés. Cela ne fait pas forcément des économies, de réduire le nombre d'élus, parce que près de la moitié d'entre eux sont bénévoles. Mais en revanche, si on veut revaloriser le statut de l'élu, cela peut être intéressant pour donner plus d'efficacité. 

Ce qui est intéressant chez Macron, c'est la méthode. Les nouvelles ne sont pas bonnes mais il fait du donnant-donnant: 'Je viens vers vous en vous disant que vous aurez le haut débit en 2020, je fais un moratoire sur la fermeture des classes dans le primaire, il y aura un doublement des maisons de santé pour palier les déserts médicaux, mais vous de votre côté, faites des efforts'. C'est peut être plus facile pour Emmanuel Macron d'imposer cela, car il n'a jamais été élu local. Il n'a brigué qu'un seul mandat, président de la République, et ça a marché du premier coup". 
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> Christophe Barbier: "Il faut moins d'élus, mais mieux d'élus"

"Il faut changer de logiciel. Depuis trop longtemps, les collectivités locales font gonfler leurs dépenses de fonctionnement. On peut pas continuer comme cela, il faut arrêter le millefeuille. On n'a cessé d'additionner, de regrouper des collectivités locales, les communautés d'agglomération, les grandes régions, en espérant que cela ferait diminuer les dépenses. Or ça les augmente, donc il y a véritablement un problème. 

Je crois qu'il y a un problème de philosophie, qui regarde tous les citoyens: aujourd'hui, les Français veulent que les collectivités locales s'occupent de tout. Plus personne ne déneige son bout de trottoir, plus personne ne veut s'occuper de ses nids de frelons, plus personne ne considère que c'est à soi-même d'emmener ses encombrants à la décharge. On veut que la collectivité s'occupe de tout, on veut une 'collectivité maman'. On est prêt à payer des impôts pour ça, on préfère des impôts à se bouger soi-même. C'est contre cela qu'il faut lutter, et cette purge financière aidera peut-être à changer de logiciel. 

Quant aux élus locaux, il y en a trop, et ils ne sont pas assez aidés, pas assez formés, pas assez payés. Il faut qu'ils soient moins nombreux mais plus professionnels. Par exemple, la métropole de Lyon compte 165 conseillers, 25 vice-présidents. Est-ce bien sérieux? Aucune entreprise ne pourrait fonctionner comme cela. Il faut moins d'élus, mais mieux d'élus, donc il faut un statut de l'élu. Il est promis par Emmanuel Macron. 

Il faut encourager la vocation du métier d'élu autrement que par le nombre d'élus dans un conseil municipal ou départemental. Il faut que l'Etat aide les communes, notamment les plus petites. Que Macron tienne ses promesses. Si l'Etat fait cette part du boulot, il sera légitime de demander des efforts aux collectivités locales". 

A.S.