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Dans une nouvelle déclaration à la Haute autorité, Delevoye mentionne finalement 13 mandats 

Dans une nouvelle déclaration envoyée vendredi soir à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, révélée ce samedi soir par Le Monde, le Haut-commissaire aux retraites liste treize mandats, dont onze bénévoles, contre trois mentionnés initialement.

Dans la soirée de vendredi, Jean-Paul Delevoye a envoyé une nouvelle déclaration d'intérêt à la haute autorité pour la transparence de la vie publique. Il y déclare treize mandats au lieu des trois cités initialement dans son premier formulaire. Parmi les treize fonctions mentionnées par ce document révélé par Le Monde, onze désignent des mandats encore actifs. Onze d'entre eux sont aussi bénévoles. En ce qui concerne les activités rémunérées, déjà citées dans la première déclaration, le Haut-commissaire aux Retraites revoit les montants perçus à la hausse. 

Outre les activités que Jean-Paul Delevoye avait négligées d'inscrire dans sa déclaration d'intérêt préalable et égrenées tout au long de la semaine dans la presse, il s'avère qu'il est également membre du conseil d'administration des associations "Démocratie ouverte" et "Parlements et citoyens". Il figure aussi au comité stratégique de la fondation la Source, qui organise des ateliers artistiques, ainsi qu'au comité stratégique de la fédération française des diabétiques. S'il a aussi intégré le conseil d'administration de la fondation du Crédit agricole Nord de France, son mandat a pris fin en octobre 2017. Enfin, il préside l'Association des orchestres nationaux de France et de l'association "Chartreuse de Neuville" (il avait toutefois déjà évoqué cette dernière). 

Des montants réévalués 

Plus tôt cette semaine, les médias avaient dévoilé qu'il était administrateur de l'Ifpass (pour Institut de Formation de la Profession de l'Assurance), présidait le think thank Parallax (qui a continué à le rémunérer pendant les trois mois qui ont suivi son entrée au gouvernement), ainsi que l'Observatoire régional de la commande publique des Hauts-de-France, qu'il siégeait au conseil d'administration de la fondation SNCF, et était membre du conseil d'orientation de l'Institut de recherche et de débat sur la gouvernance. 

Il a aussi réévalué les sommes perçues à deux titres. Alors qu'il avait dit avoir touché 40.000 euros en 2017 en tant que "conseiller au délégué général d'IGS" (un groupe d'enseignement supérieur privé), il déclare à présent avoir perçu 78 408 euros net cette même année. Enfin, après avoir dit qu'il était rémunéré 64.420 euros par le think thank Parallaxe, adossé à IGS, pour les années 2018 et 2019, il a cette fois évoqué les sommes successives de 73.338 euros en 2018 et 62.216 euros en 2019. 

Delevoye n'exclue pas de démissionner "si mon erreur devait desservir la cause"

Jean-Paul Delevoye a répondu au Monde. Il n'a pas écarté l'éventualité d'une démission: "J’ai fait passer des messages et si mon erreur devait desservir la cause pour laquelle je me bats, ce projet de réforme des retraites auquel je crois et auquel je tiens, alors j’en tirerais les conséquences". Mais il entend cependant poursuivre sa tâche sauf contre-ordre: "Je ne m’accroche pas à mon poste mais j’ai réparé mon erreur et j’aimerais continuer à défendre et soutenir ce projet dans le souci du dialogue social et dans une démarche d’apaisement de notre société."

Il a également commenté:

"Je n’en veux à personne sauf à moi. Quand je fais une erreur, je l’assume. J’ai suffisamment dit que personne n’était au-dessus des lois pour ne m’appliquer ce principe à moi-même. Cela dit, j’étais de bonne foi et me dis que cet épisode aurait peut-être pu être évité si quelqu’un m’avait mis en garde. J’aurais immédiatement rectifié ma situation. Les choses auraient été différentes si j’avais été alerté. C’est ce que je me dis quand je regarde le prix que je paye sur le plan personnel et politique aussi."
Robin Verner