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Anne Sinclair sur DSK: "On ne quitte pas un homme quand il est à terre"

Anne Sinclair sur France 2 mardi 22 avril

Anne Sinclair sur France 2 mardi 22 avril - -

Trois ans après, l'affaire du Sofitel de New York, Anne Sinclair a pour la première fois raconté dans une interview télévisée comment elle a vécu l'accusation de viol contre son ex-mari Dominique Strauss-Kahn.

Trois ans après, l'affaire du Sofitel de New York lui paraît "un moment de cauchemar" : Anne Sinclair a pour la première fois raconté dans une interview télévisée comment elle a vécu l'accusation de viol contre son ex-mari Dominique Strauss-Kahn. La journaliste, 65 ans, actuellement directrice éditoriale du Huffington Post français, était interviewée dans l'émission "Un jour, un destin" mardi soir sur France 2 sur le scandale qui a fait tomber l'ancien directeur du Fonds monétaire international, alors favori pour représenter le Parti socialiste à l'élection présidentielle française.

Il avait été accusé d'avoir violé une femme de chambre guinéenne, Nafissatou Diallo, dans sa suite de l'hôtel Sofitel à New York, et les photos de son arrestation, menottes aux poignets, avaient fait le tour du monde. Quatre jours plus tard DSK démissionnait. A propos de l'accusation de viol, l'opinion d'Anne Sinclair ne varie pas: "Je n'y ai pas cru, je ne le crois pas et je sais que ce n'est pas le cas". Quand il est arrêté, "c'est tomber du haut de l'Olympe pour se retrouver dans un cul de basse-fosse, c'est un destin incroyable", se rappelle-t-elle.

Elle est restée à ses côtés tout au long de cette affaire, qui a été définitivement close fin 2012 par un accord financier confidentiel entre l'ancien ministre socialiste et l'employée du Sofitel. Anne Sinclair s'est séparée de DSK au printemps 2012.

"Rien à dire" à Sarkozy...

"Le comportement que Dominique a pu avoir alors qu'il était à la veille d'une élection, je pense que c'était infantile, pas à la hauteur ni de l'homme que je croyais qu'il était ni du destin qu'il ambitionnait", juge Anne Sinclair.

Interrogée sur l'éventualité d'un "complot", elle conclut : "il n'y a pas eu de complot, je pense qu'il y a eu une volonté d'amplifier beaucoup les choses auprès des autorités new-yorkaises. Je pense que les autorités françaises n'ont pas été totalement neutres mais je ne veux pas rentrer là-dedans". Elle dit ne pas avoir rencontré alors Nicolas Sarkozy et n'avoir "rien à lui dire". "Je n'ai rien à reprocher à personne. Je garde mes reproches pour moi". "Je pense que c'est une affaire qui est tombée, que Nicolas Sarkozy a cru comme du pain béni et qu'à ce moment là il en a profité, c'était le jeu politique".

Anne Sinclair explique aussi qu'elle n'avait "aucune envie" de voir son mari se lancer dans une campagne présidentielle, car "c'est un job épouvantable".

"Il savait démentir..."

A propos des liaisons de DSK, elle déclare : "vous me croyez ou vous ne me croyez pas, mais je ne savais pas". "Quand j'ai épousé Dominique, je savais que c'était un charmeur, que c'était un séducteur", admet-elle, avant d'ajouter qu'elle était au courant des "rumeurs".

"Mais les rumeurs, elles sont faites pour détruire [...] donc je les ai ignorées", explique la journaliste. "J'ai eu des doutes, oui". "Je suis souvent venue lui demander si les choses étaient exactes ou pas. Et il savait démentir. Et me rassurer". "Les conjoints sont toujours les derniers informés".

"Ce que j'ai accepté au su de tout le monde c'était de me battre aux côtés d'un homme injustement accusé". "On ne quitte pas un homme quand il est à terre", ajoute-t-elle.

S.A. avec AFP