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Viol présumé au 36 Quai des Orfèvres: des policiers soumis à des tests ADN ce jeudi

Une vaste opération de tests ADN débute ce jeudi au siège de la police judiciaire parisienne, dans le cadre de l’enquête sur le viol présumé d’une touriste canadienne en 2014.

Une centaine de policiers sont soumis à des tests ADN depuis jeudi matin au 36 Quai des Orfèvres. Une opération, confirmée à BFMTV, qui se déroulera sur trois jours. Deux juges d’instructions, saisis de l’enquête sur des soupçons de viols d’une touriste canadienne en 2014, ont ordonné ces tests.

En tout, 105 enquêteurs, tous services confondus, sont concernés par ces investigations. Les juges cherchent à identifier une empreinte ADN non identifiée, retrouvée sur la victime. Cette Canadienne de 34 ans avait accusé des policiers de l’avoir violée au siège de la police judiciaire, après une soirée arrosée. Peu après les faits, quatre policiers de la BRI (Brigade de recherche et d’intervention) avaient été placés en garde à vue. 

Un autre policier impliqué?

Deux d’entre eux restent à ce jour mis en examen pour "viol en réunion". Leur ADN a été identifié sur les vêtements de la victime, ils reconnaissent une relation sexuelle mais consentie. Un autre fonctionnaire de police est placé sous le statut de témoin assisté. Les tests menés sur les policiers ce jeudi cherchent à déterminer l'origine d'une trace de sperme non identifiée, retrouvée sur les sous-vêtements de la victime. 

La touriste canadienne aurait eu plus tôt dans la journée un rapport sexuel avec un inconnu, au jardin du Luxembourg. Mais la justice est désormais certaine que la trace ADN ne lui appartient pas. D'après nos informations, une confrontation entre la victime et les trois policiers déjà visés par la justice aura lieu dans les prochaines semaines.

Une "opération scandaleuse" pour les syndicats

Cette opération dans un service de police en France, est une première par son ampleur. Synergie, second syndicat d'officiers de police, dénonce une "opération scandaleuse sur la forme et inutile sur le fond". "Je regrette la méthode choisie, on aurait pu faire les choses plus discrètement", réagit sur BFMTV Nicolas Comte, secrétaire général adjoint SGP Police.

"En tant que policier, je comprends et je respecte les investigations de la justice, mais là, on a choisi une méthode un peu spectaculaire qui va jeter l'opprobre sur beaucoup de fonctionnaires de police. Il ne faut pas oublier qu'ils ont fait un travail remarquable, notamment en début d'année lors des attentats de Charlie Hebdo", conclut le syndicaliste.

L'année dernière, l'institution avait été à plusieurs reprises ébranlée par des scandales. Quelques mois après cette affaire, un policier de la PJ parisienne avait été poursuivi pour un vol de 52 kg de cocaïne dans les locaux du 36 Quai des Orfèvres.

C. B avec Sarah-Lou Cohen