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Une école catholique du Cher fermée pour des soupçons de maltraitance et agressions sexuelles

(Photo d'illustration)

(Photo d'illustration) - AFP

Une école catholique du Cher hors contrat accueillant une centaine d'enfants du CE1 à la terminale a été fermée vendredi soir pour des soupçons de mauvais traitements et d'abus sexuels.

Mise à jour du 8 juin: Alexandre Varaut, l'avocat de l'institution, a assuré à BFMTV.com que les dirigeants de l'école contestaient "totalement la moindre agression sexuelle".

"Poser la main sur l'épaule d'un élève, ce n'est pas une agression sexuelle. Il est certain que personne n'a été l'objet d'une agression sexuelle dans cette école", assure Alexandre Varaut, mettant hors de cause la direction.

L'avocat de l'école l'Angélus dénonce une procédure "spectaculaire" et des "rumeurs". "On a le sentiment de ne pas pouvoir se défendre. Si le procureur a un dossier, qu'il le montre. Et s'il s'est passé quelque chose de grave, il faut saisir un juge."

"On apprend par voie de presse le contenu supposé du dossier. On ne va pas pouvoir éternellement surfer sur des lieux communs sur les catholiques et les traditionalistes", regrette-t-il.

Fin des cours pour les élèves. Une école catholique traditionaliste de Presly, un village du Cher entre Orléans et Bourges, a été fermée vendredi par arrêté préfectoral "sur le fondement de la protection de l'enfance". Une enquête judiciaire a été ouverte en raison de soupçons de maltraitance d'élèves et d'agressions sexuelles.

"Des soupçons d'infractions de nature sexuelle"

"Il ne s'agit pas d'éléments de dysfonctionnement, mais constitutifs d'infractions pénales: des mauvais traitements sur des enfants (violences, privations de repas, punitions à caractère corporel...) et des soupçons d'infractions de nature sexuelle", a précisé le procureur de la République de Bourges, Joël Garrigue.

Des perquisitions ont été effectuées vendredi et une soixantaine d'enfants ont été auditionnés. L'opération a été menée "dans l'intérêt des élèves", "suite à des informations venues à la connaissance de l'Éducation nationale" concernant cet établissement hors contrat, a précisé le magistrat. Joël Garrigue a également évoqué des soupçons de "travail dissimulé" et d'"infractions d'ordre économique et financier" ou d'"escroquerie". Le directeur de l'institution, l'abbé Régis Spinoza, a été placé en garde à vue mais a été remis en liberté vendredi soir.

Pour Patrice Ranson, président des parents d'élèves et amis de l'Angélus, il s'agit d'une "cabale contre l'abbé. On a confiance en lui", a-t-il déclaré au Berry républicain. Et assure que "l'Angélus suscite des jalousies et des convoitises". 

"L'Évangile" comme "ligne de conduite"

L'établissement scolaire hors contrat pour garçons (mixte uniquement au primaire) l'Angelus, qui avait été ouvert en 2010, accueillait une centaine d'élèves du CE1 à la terminale. Les classes de collège et de lycée sont réservées aux garçons en internat. Et assurait sur son site internet avoir "l'Évangile" comme "ligne de conduite".

Selon Le Monde, les établissements hors contrat représentent 1300 structures à la rentrée 2016, "dont un quart environ d'écoles catholiques, accueillent un peu plus de 62.000 élèves, sur un total de 12 millions". Mais, assure le quotidien, leur nombre augmente. "Quelque 90 écoles ont ouvert leurs portes à la rentrée 2016."
Céline Hussonnois-Alaya avec AFP