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Un vigneron bio risque la prison pour avoir dit non aux pesticides

Une vigne en Champagne le 31 octobre 2013 (illustration).

Une vigne en Champagne le 31 octobre 2013 (illustration). - -

Emmanuel Giboulot, viticulteur bio, encourt 6 mois de prison et 30.000 euros d'amende pour avoir refusé de traiter ses ceps contre une maladie.

L'affaire débute au printemps dernier, quand la découverte de foyers d'une maladie dans les vignes près de Beaune conduit le préfet à imposer de traiter tous les vignobles du département contre la cicadelle, l'insecte qui répand la flavescence dorée.

Viticulteur en biodynamie depuis les années 1970, Emmanuel Giboulot s'y refuse sur les dix hectares qu'il exploite en Côte de Beaune et Haute-Côte de Nuits. Même à la pyréthrine, pesticide naturel. Car pour lui, tous les traitements vont à l'encontre des "équilibres biologiques".

Il comparaît, ce lundi à Dijon, pour avoir refusé de traiter ses ceps. Le procès scandalise les écologistes tandis que l'interprofession bourguignonne, elle, s'inquiète d'une mauvaise publicité.

Un comité de soutien réclame l'arrêt des poursuites

Après un contrôle en juillet de la Direction régionale de l'agriculture, Emmanuel Giboulot a été convoqué devant la justice. Il encourt six mois d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende.

"C'est une maladie mortelle et très contagieuse, c'est pour cette raison que ces mesures sont obligatoires" et "pour que le traitement soit efficace, il faut que les vignes aient été traitées par tous", justifie le chef du Service régional de l'alimentation, Olivier Lapôtre.

"La liberté de choix, en l'absence de menace sanitaire avérée, devrait être de mise", rétorque Sandrine Bélier, députée européenne EELV du Grand Est, qui voit dans l'assignation du vigneron une "absurdité".

Le parti écologiste fait partie d'un comité de soutien - où figurent aussi le NPA, Greenpeace et Attac - qui réclame l'arrêt des poursuites judiciaires envers tous les viticulteurs "engagés dans une procédure alternative". Un rassemblement est prévu lundi devant le tribunal et des pétitions de soutien ont circulé sur internet.

S. D. avec AFP