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Triangle de Gonesse: la justice ordonne l'évacuation de la ZAD

Des cabanes de fortune sur le site de la ZAD de Gonesse créée pour s'opposer à la construction d'une gare et d'une zone d'activités, le 13 février 2021

Des cabanes de fortune sur le site de la ZAD de Gonesse créée pour s'opposer à la construction d'une gare et d'une zone d'activités, le 13 février 2021 - GEOFFROY VAN DER HASSELT © 2019 AFP

L'expulsion des militants - une dizaine selon leur collectif - a été ordonnée ce vendredi sous astreinte de 500 euros par jour de retard.

Le tribunal de Pontoise a ordonné ce vendredi l'évacuation de la zone à défendre (ZAD) du Triangle de Gonesse, que des militants occupent depuis treize jours, pour s'opposer au projet d'installation d'une gare du Grand Paris Express.

L'expulsion des militants - une dizaine selon leur collectif - a été ordonnée sans délai sous astreinte de 500 euros par jour de retard.

"La décision sera transmise à la préfecture et signifiée aux occupants", a indiqué Me Tanguy Salaun, représentant de l'Établissement public foncier d'Île-de-France (EPFIF) qui a fait constater l'occupation illégale du terrain.

Les militants installés depuis le 7 février

Depuis qu'Emmanuel Macron a annoncé en novembre 2019 l'abandon du méga-complexe commercial et de loisirs Europacity en novembre 2019, le sort des 280 hectares de terres agricoles situées à une quinzaine de kilomètres au nord de Paris reste incertain.

Depuis le 7 février, des militants sont installés sur une partie d'un terrain qui est la propriété de l'EPFIF. Ils défendent un projet agricole alternatif, au lieu de la future gare de la ligne 17 du Grand Paris Express.

"Il s'agit d'une occupation symbolique et légaliste", avait déclaré Me Etienne Ambroselli, qui représente le Collectif pour le triangle de Gonesse (CPTG), lors de l'audience vendredi en début d'après-midi. "Ce ne sont pas des zadistes qui font obstacle. Le chantier doit partir sur des bases juridiques saines. Des arbitrages politiques doivent être faits", a-t-il ajouté.

"Nous voulons l'abandon de la gare"

Avant l'audience, une centaine de personnes se sont rassemblées devant le tribunal de Pontoise en soutien à Bernard Loup, cité à comparaitre en tant que président du Collectif pour le triangle de Gonesse. "Nous voulons l'abandon de la gare qui était uniquement destinée à Europacity et nous défendons le projet Carma (Coopération pour une Ambition Agricole, Rurale et Métropolitaine d'Avenir, ndlr), a lancé Bernard Loup, président du CPTG, devant son auditoire.

"Je ne suis pas surpris par la décision, a-t-il déclaré à BFM Paris après l'audience. On s'y attendait. Le juge a dit le droit. On sait depuis longtemps que ce n'est pas une décision juridique qui règlera le problème mais au contraire une décision politique. Avec nos soutiens, on a le sentiment que l'action que nous menons est juste."

En ce moment on discute collectivement pour savoir que faire dans les prochaines heures et jours. Notre position sera non violente. On attend une prise de position politique du gouvernement. Ce dernier peut décider d'intervenir pour nous déloger par la force, ou alors, demander une dispersion pacifique de la ZAD.

On est très tranquille et on attend la notification de cette décision de justice. On demande à nos soutiens de venir nous rejoindre sur la ZAD."

"La parcelle est occupée à des fins militantes", a fustigé Me Tanguy Salaun.

"Il faut rester sur le terrain du droit. Il s'agit d'une occupation d'un terrain sans droit, ni titre. L'occupation est revendiquée pour faire obstacle à un projet voté d'utilité publique", a-t-il poursuivi.

Les militants prêts à partir

De son côté, l'avocat du CPTG a indiqué que les militants étaient prêts à partir mais avait réclamé un délai.

Pour le conseil, "la crise sanitaire ne doit pas stopper toute opposition", ajoutant qu'"il s'agit de quelques personnes installées au grand air".

La ligne 17 doit relier Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) à l'aéroport de Roissy-CDG en 2030, en passant par le Triangle de Gonesse, où elle devait initialement desservir Europacity.

F.B. avec AFP