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Trace ADN retrouvée: Omar Raddad est "content de voir l’affaire avancer"

Omar Raddad, le 1er décembre 2008.

Omar Raddad, le 1er décembre 2008. - Mehdi Fedouach - AFP

Une des traces ADN relevées sur un scellé dans l'enquête sur le meurtre de Ghislaine Marchal pourrait correspondre à un nom enregistré dans le fichier national des empreintes génétiques, a annoncé le procureur de Nice ce jeudi. Auprès de BFMTV.com, l'avocate de l'ancien jardinier, gracié mais pas innocenté, se dit "très satisfaite que l'affaire avance".

Suspense relancé dans l'affaire Omar Raddad. Une des traces ADN relevées sur des scellés dans l'enquête sur le meurtre de Ghislaine Marchal pourrait correspondre à une empreinte génétique enregistrée dans le fichier national, a annoncé ce jeudi le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre.

La prudence reste cependant de mise, prévient-il, car de plus amples vérifications sont nécessaires. 

"Il y a un soupçon d'identité entre une des traces et un enregistrement au Fichier national automatisé des empreintes génétiques" (FNAEG), indique à l'AFP Jean-Michel Prêtre, chargé de l'enquête, confirmant une information de 20 Minutes. "Mais il y a des vérifications qui sont faites, pour l'instant il n'y a rien de certain. Cela doit être confirmé par des analyses en laboratoire", a-t-il ajouté.

Selon une source proche du dossier au quotidien gratuit, pour que la correspondance "soit établie scientifiquement à 100 %", les éléments ont été transmis à l’Institut génétique Nantes Atlantique, comme le prévoit la procédure en cours, pour confirmer ou infirmer la correspondance entre ce nom et l'ADN retrouvé.

"On peut maintenant espérer une révision" du procès

"Je suis très satisfaite que l’affaire avance", réagit auprès de BFMTV.com l'avocate d'Omar Raddad, Me Sylvie Noakovitch, qui le défend depuis 2008. "Cela fait des mois que je demande" que les nouveaux prélèvements soient comparés au fichier national, rappelle-t-elle. "On peut maintenant espérer une révision" du procès de l'ancien jardinier.

Son client, condamné en 1994 à 18 ans de réclusion criminelle avant de bénéficier d’une libération conditionnelle en 1998 suite à une grâce présidentielle partielle de Jacques Chirac, n'a eu de cesse de clamer qu'il n'a pas tué sa patronne Ghislaine Marchal. Cette riche veuve d'un équipementier automobile, dont Omar Raddad était l'employé, a été tuée à coups de couteau le 23 juin 1991. Elle était alors âgée de 65 ans. Son corps a été retrouvé dans la chaufferie de sa villa de Mougins, dans les Alpes-Maritimes.

Omar Raddad "très content de voir l’affaire avancer"

Omar Raddad est "très content de voir l’affaire avancer. Il espère désormais que les choses vont s’accélérer", confie Me Noakovitch, ajoutant que les résultats des analyses complémentaires sont "imminents" et attendus "dans les jours qui viennent". "Mais je ne me satisfais pas de ça", explique-t-elle, car une autre empreinte retrouvée "est parfaitement exploitable".

Pour Omar Raddad, l'espoir était revenu en novembre 2015: quatre empreintes génétiques correspondant à quatre hommes avaient été retrouvées sur deux portes - sur lesquelles avaient été écrites les fameuses inscriptions "Omar m'a tuer" et "Omar m'a t" avec le sang de la victime - et un chevron qui se trouvaient sur la scène du crime. Sur ces quatre fragments cellulaires, deux sont parfaitement exploitables et deux autres partiellement.

De premières analyses avaient récemment permis de déterminer que ces traces ne correspondaient ni au profil génétique d'Omar Raddad, ni à celui de plusieurs personnes que Me Noachovitch avait désignées à la justice comme étant susceptibles de pouvoir avoir été impliquées dans l'affaire.

D'autres traces ADN ne correspondant pas à celles d'Omar Raddad avaient déjà été retrouvées sur le lieu du crime, mais la justice lui avait refusé en 2002 un nouveau procès. Ce n'est que grâce à une nouvelle loi en date du 20 juin 2014, qui a assoupli les conditions de révision d'un procès criminel, qu'une nouvelle instruction avait pu avoir lieu.

Violette Robinet avec AFP