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Tapie: "s'il y a des escrocs dans cet arbitrage, ce ne sont pas ceux que l'on désigne"

Bernard Tapie en décembre 2010.

Bernard Tapie en décembre 2010. - -

L'homme d'affaires a réagi mercredi à la mise en examen de Pierre Estoup, l'un des trois juges du tribunal arbitral qui lui a accordé 403 millions d'euros en 2008.

Ce mardi, à BFMTV, il confiait être "serein". Ce mercredi, après la levée de la garde à vue de son avocat et la mise en examen de Pierre Estoup, Bernard Tapie semble surpris. Il juge même "incompréhensible" la mise en examen pour escroquerie en bande organisée de l'ancien haut magistrat Pierre Estoup, un chef "très grave" qu'il ne s'explique pas.

"Il y a forcément dans ce dossier des choses que j'ignore pour que les motifs de la mise en examen soient si graves", a-t-il déclaré, avant d'ajouter: car "escroquerie en bande organisée, cela veut dire que c'est très grave".

"C'est d'autant plus incompréhensible que mon avocat, Maurice Lantourne, a été entendu ce matin et qu'il est ressorti" sans que rien ne soit retenu contre lui, a-t-il poursuivi. "Il n'a pas même interdiction de me voir", a relevé l'homme d'affaires.

"Intoxications répétées"

Ce que les enquêteurs reprochent à Pierre Estoup? D'avoir eu des liens anciens avec Bernard Tapie ou son entourage qui auraient pu influencer la décision du tribunal arbitral qui a accordé 403 millions d'euros à l'homme d'affaires en 2008, en règlement du différend qui l'opposait au Crédit Lyonnais pour la vente d'Adidas.

"J'espère que ce ne sont pas les intoxications répétées des Bayrou, De Courson, Clay et autres Peyrelevade qui ont convaincu les magistrats de cette décision", a-t-il tempêté. Le juriste Thomas Clay, l'ancien patron du Crédit Lyonnais Jean Peyrelevade comme le député centriste Charles de Courson ont dit et répété qu'à leurs yeux l'arbitrage rendu en faveur de Bernard Tapie était illégal, le président du Modem François Bayrou considérant même cette affaire comme "la plus grave de la Ve République".

"On saura toujours le fin mot de l'histoire", a-t-il estimé, rappelant que lui-même avait "connu sept mises en examen, les menottes à six heures et demie le matin, (sa) levée d'immunité parlementaire... (...) et ça s'est fini par six non-lieux et une relaxe", a-t-il noté.

L'homme d'affaire a demandé "un peu de calme" et a déclaré "attendre de voir la suite des événements pour savoir ce qui a justifié une telle décision". Et de conclure: "s'il y a des escrocs dans cet arbitrage, ce ne sont pas ceux que l'on désigne aujourd'hui".


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V.D. avec AFP