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Sur les Champs-Elysées, les rodéos à trottinettes électriques sous gaz hilarant inquiètent

Euphorisés par le protoxyde d’azote, des jeunes se livrent à des rodéos sauvages sur les Champs-Elysées. Au guidon de leurs trottinettes électriques, ils sèment la panique dans le quartier.

Elles slaloment à toute vitesse entre les voitures, parfois même sur les trottoirs au milieu des passants. Les trottinettes excèdent les promeneurs et les commerçants de l’avenue des Champs-Elysées. Depuis quelques temps, ce phénomène se reproduit chaque week-end à la nuit tombée sur cette célèbre avenue du VIIIe arrondissement de Paris.

“Ca ne peut plus durer comme ça”, tance Edouard Lefebvre, délégué général du Comité Champs-Elysées, interrogé par BFMTV. “Les patrons de bistrot sont inquiets pour leur commerce, pour leurs clients, leurs salariés. Passer avec un plateau en terrasse et se retrouver entre trois ou quatre gars qui foncent, c’est compliqué”, illustre-t-il.

Euphorisés par le protoxyde d'azote

Depuis une quinzaine de jours, la mairie reçoit des alertes afin de faire cesser ces turbulences qui perturbent le récent retour des touristes dans la capitale. Pour éviter les accidents, elle en appelle à la responsabilité des constructeurs.

“On ne peut pas accepter ces rodéos sur l’avenue et ses trottoirs. Nous demandons une limitation, par les opérateurs, à 8 km/h”, déclare Jeanne D’Hauteserre, maire LR du VIIIe arrondissement.

Actuellement, les trottinettes roulent à une vitesse moyenne de 20 km/h, une allure qui représente un danger particulier quand elle est alliée à la consommation de protoxyde d’azote. En effet, certains participants à ces courses nocturnes sont sous l’effet de ce gaz aux effets euphorisants et qui peut aussi provoquer des hallucinations ainsi qu’une perte de réflexe.

Bridées à 8 km/h le week-end

Un danger pour les utilisateurs et les piétons que les forces de l’ordre ont du mal à maîtriser, car ce gaz est difficile à déceler et à contrôler.

“On peut verbaliser uniquement en cas de flagrant délit, mais on ne peut pas interdire à une personne de circuler sur une trottinette, comment pourrait-on deviner qu’elle est sous l’effet de gaz hilarant?” réagit Rocco Contento, secrétaire départemental du syndicat de police Unité SGP Force ouvrière.

Face à ce phénomène, les demandes de la mairie ont été entendues: les opérateurs ont décidé de brider leurs engins, limitant la vitesse à 8 km/h le vendredi et le samedi soir sur les Champs-Elysées. Des investigations portant sur un trafic de capsules au protoxyde d’azote sont par ailleurs en cours. Elles doivent déterminer s’il existe un lien ou non avec ces rodéos sauvages.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV