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Sierra Leone: appel à l'aide du président après des inondations catastrophiques

Inondations à Freetown, en Sierra Leone, le 14 août 2017

Inondations à Freetown, en Sierra Leone, le 14 août 2017 - SAIDU BAH, AFP

La Sierra Leone compte ses morts, après les inondations et les glissements de terrain survenus lundi dans la capitale, Freetown. Le nombre de victimes pourrait s'élever à 400.

Le président sierra-léonais a lancé un appel à l'aide internationale après les inondations et les glissements de terrain qui ont fait plus de 300 morts et des centaines de disparus à Freetown, où les autorités ont commencé à enterrer les victimes. Le porte-parole de la Croix-Rouge, Patrick Massaquoi, a déclaré que le bilan officiel de 312 morts serait sans doute revu à la hausse.

Inondations à Freetown, en Sierra Leone, le 14 août 2017
Inondations à Freetown, en Sierra Leone, le 14 août 2017 © SAIDU BAH, AFP

La morgue centrale de Freetown a quant à elle évoqué le chiffre de 400 morts. Des images prises à l'intérieur de cette morgue montrent des corps couverts de boue et empilés sur le sol.

Milliers de disparus

Selon la Croix-Rouge, au moins 600 personnes sont toujours portées disparues. Le ministre de l'Intérieur, Paolo Conteh, a lui évoqué le chiffre de milliers de disparus.

"Nous sommes débordés" par ce désastre, a déclaré, manifestement très ému, le chef de l'Etat Ernest Bai Koroma devant la presse dans le quartier de Regent dans la capitale sierra-léonaise, l'un des plus touchés par la catastrophe. La Sierra Leone a un "besoin urgent d'aide", a-t-il lancé.

A New York, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que "les représentants de l'ONU en Sierra Leone et (ses) partenaires humanitaires mènent des missions d'évaluation". "Ils aident les autorités nationales dans les opérations de secours, à évacuer les habitants, à fournir de l'aide médicale pour les blessés, à recenser les survivants, et à fournir de la nourriture, de l'eau et des effets de première nécessité aux victimes", a-t-il ajouté.

Photographie fournie par l'ONG "Society 4 climate change communication Sierra Leone", montrant des rues inondées à Regent, près de Freetown en Sierra Leone, le 14 août 2017
Photographie fournie par l'ONG "Society 4 climate change communication Sierra Leone", montrant des rues inondées à Regent, près de Freetown en Sierra Leone, le 14 août 2017 © STR, Society 4 climate change communication Sierra Leone/AFP

"Des plans d'urgence sont mis en place pour juguler toute épidémie potentielle de maladies comme le choléra, la typhoïde et la diarrhée", a déclaré Stéphane Dujarric.

Il a indiqué que l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) avait débloqué immédiatement 150.000 dollars de fonds d'urgence.

Plusieurs gouvernements étrangers (Israël, la Grande-Bretagne) et l'Union européenne ont promis leur aide à la Sierra Leone.

Trois jours de pluies torrentielles ont provoqué lundi matin le glissement de tout un pan de la colline du quartier de Regent surplombant le centre de Freetown, et des inondations dans toute la capitale, qui abrite plus d'un million d'habitants et dont les infrastructures sont notoirement insuffisantes.

Les bidonvilles accrochés aux collines ou sur le littoral ont été balayés par des coulées de boue et des torrents d'eau dévastateurs, débordant des systèmes de drainages et d’égouts.

Funérailles

Selon Sulaiman Zaino Parker, un responsable à la mairie de Freetown, 150 enterrements ont eu lieu mardi soir. Nombre de ces victimes vont reposer aux côtés de celles ayant succombé à l'épidémie du virus Ebola. Ce désastre humanitaire a fait plus de 4.000 morts dans ce petit pays en 2014 et 2015.

"Nous avons commencé à enterrer certains des corps mutilés et en état de décomposition. Toutes les victimes auront des funérailles dignes selon les rites musulmans ou chrétiens", a souligné Sulaiman Zaino Parker.

Il a précisé que ces tombes seraient marquées afin qu'une identification des corps puisse être réalisée plus tard.

Les services de secours se sont efforcés mardi de rechercher des survivants dans les décombres de plusieurs quartiers. Des familles entières sont ensevelies sous des coulées de boue qui ont envahi leurs maisons.

A.S. avec AFP