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Accusation d'agression sexuelle: relaxé, Ibrahim Maalouf dit avoir vécu "trois ans et demi d'enfer"

Le trompettiste Ibrahim Maalouf, le 22 février 2019 à Paris

Le trompettiste Ibrahim Maalouf, le 22 février 2019 à Paris - Thomas SAMSON © 2019 AFP

Le trompettiste, relaxé le 8 juillet après avoir été condamné en première instance en 2018 pour agression sexuelle sur une stagiaire de 14 ans, évoque dans un communiqué "3 ans et demi d'enfer".

Relaxé en appel le 8 juillet dernier, Ibrahim Maalouf a publié samedi un communiqué sur Twitter, pour évoquer "3 ans et demi d'enfer", et regretter l'absence des journalistes à l'audience.

Le trompettiste, condamné en première instance pour avoir agressé sexuellement une stagiaire de 14 ans, a été relaxé en appel. La cour d'appel de Paris a infirmé le jugement du tribunal de Créteil, qui avait condamné l'artiste franco-libanais, aujourd'hui âgé de 39 ans, à 4 mois de prison avec sursis et 20.000 euros d'amende en décembre 2018.

"Accusations mensongères"

"Mon premier réflexe au moment où le jugement définitif est tombé a été de ne pas réagir pour ne pas raviver les émotions, mais mon métier nourrit beaucoup de fantasmes et de rumeurs et et il est important pour moi de remettre le point sur le i de mon prénom", écrit-il.

Le musicien estime par ailleurs que la "couverture médiatique de cette décision de justice a été microscopique à côté de celle subie en 2017 lors de la révélation des accusations mensongères".

L'affaire remonte à décembre 2013, alors que la jeune fille effectuait un stage de troisième au sein de la maison de production du trompettiste. Elle avait déclaré que ce dernier l'avait embrassée une première fois "avec la langue", un soir à la sortie d'un cinéma.

Ibrahim Maalouf a affirmé qu'il s'agissait d'un "smack", un simple "bisou" initié par la stagiaire, dont il avait repoussé les avances. Deux jours plus tard, selon la version de la plaignante, il l'avait à nouveau embrassée, puis "attrapée par le bassin", mimant un acte sexuel, cette fois après un cours de trompette dans son studio d'enregistrement d'Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Une deuxième séquence qui n'a jamais existé, avait protesté l'artiste.

"Sa vérité n'est pas partagée par la cour"

"Le baiser posé le 11 décembre 2013 est bien réel mais l'intention coupable fait défaut, faute d'éléments permettant d'affirmer avec certitude qu'il en aurait été l'initiateur", indique l'arrêt de la cour d'appel.

"La preuve matérielle des faits qui seraient survenus le 12 ou le 13 décembre dans le sous-sol du studio d'enregistrement n'est pas rapportée, ce qui ne signifie pas que (la jeune fille) a menti mais que sa vérité n'est pas partagée par la cour, en l'absence d'éléments suffisamment pertinents, précis et concordants."

La justice avait été saisie en 2014 après un signalement des parents de la jeune fille. Cette dernière, qui avait commencé à se scarifier et à avoir des troubles alimentaires, s'était confiée à un médecin. Ibrahim Maalouf avait été placé en garde à vue en janvier 2017. Les parents de la jeune fille ont, eux, dénoncé une décision "inique".

Magali Rangin avec AFP