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Procès du meurtre de Yanis: 28 ans de réclusion requis contre le beau-père

La Salle des Assises du Pas-de-Calais, à Saint-Omer

La Salle des Assises du Pas-de-Calais, à Saint-Omer - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Julien Masson, 34 ans, est jugé pour "homicide volontaire" sur le fils de sa compagne dans la nuit du 5 au 6 février 2017 à Aire-sur-la-Lys.

L'accusation a requis vendredi 28 années de réclusion criminelle à l'encontre de Julien Masson, beau-père de Yanis, qu'il est accusé d'avoir tué à cinq ans, lors d'une punition en 2017.

Immergé "dans le canal"

Le ministère public a également requis cinq ans de prison dont 30 mois de sursis probatoire d'une durée de trois ans à l'encontre de la mère Emilie Inglard pour ne pas avoir empêché le crime. L'enfant avait été retrouvé avec une trentaine de contusions et en hypothermie.

Contre Julien Masson, 34 ans, la peine réclamée est assortie d'un suivi socio-judiciaire de cinq années avec injonction de soins, avec deux ans supplémentaires en cas de non respect de ces obligations.

"Cette intention d'homicide, qui est un élément difficile dans ce dossier, est caractérisée", a déclaré l'avocat général Patrick Leleu devant la Cour d'assises du Pas-de-Calais à Saint-Omer.

"On parle de quoi ? On parle d'un enfant de cinq ans victime de coups multiples (...) essentiellement au visage, à mains nues ou avec la torche", a-t-il argumenté. Et "cet enfant, il a été immergé, habillé dans le canal par une température très basse", une hypothermie grave qui "a contribué" au décès.

Il reconnaît sa "responsabilité"

"Julien Masson, c'est un homme adulte, pénalement responsable. Il ne pouvait pas ignorer que les violences exercées (...) aurait des conséquences", a encore assuré Patrick Leleu.

Julien Masson comparaît depuis lundi pour "homicide volontaire" sur le fils de sa compagne, dans la nuit du 5 au 6 février 2017 à Aire-sur-la-Lys, et pour des violences régulières depuis août 2015. Longtemps cramponné à la thèse d'un accident, avec un décès provoqué par des chutes de l'enfant, l'accusé a reconnu jeudi sa "responsabilité", mais nié toute intention criminelle, assurant avoir provoqué la mort "accidentellement".

Un traumatisme crânien

Le drame était survenu alors qu'il avait emmené l'enfant courir au bord d'un canal tout proche, par une température de cinq degrés, pour le punir d'avoir fait "pipi au lit".

Alertés par l'accusé, les secours avait découvert Yanis gisant défiguré, en hypothermie et trempé, le corps couvert d'une trentaine de contusions, pour certaines anciennes. Décédé selon les légistes d'un traumatisme crânien provoqué par un "impact violent", il avait une dent cassée, des traces de strangulation et une plaie sanguinolente au cuir chevelu.

La mère a pour sa part affirmé n'avoir "pas pris conscience" à temps des violences de son compagnon, dont elle était dépendante, selon les experts psychologues.

B.R. avec AFP