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Nord : la veuve d’un bijoutier à son tour braquée

Les enquêteurs décortiquent les bandes des nombreuses caméras de vidéo surveillances installées après le précédent braquage, il y a deux ans.

Les enquêteurs décortiquent les bandes des nombreuses caméras de vidéo surveillances installées après le précédent braquage, il y a deux ans. - -

A Cambrai, dans le Nord, une bijoutière a été agressée par trois malfrats. Il y a deux ans et demi, son mari était mort pour 40 euros. Les jours de Monique Bouquignaud ne sont pas en danger mais pour ses filles, le cauchemar se répète.

La foudre ne tombe jamais deux fois au même endroit, dit-on. Pourtant, Monique Bouquignaud a été agressée jeudi matin dans sa bijouterie du centre-ville de Cambrai, dans le Nord, deux ans et demi après la mort de son mari tué par des braqueurs.

Jeudi matin, peu avant 10 heures, trois hommes ont font irruption dans sa boutique du centre-ville de Cambrai et ont violemment agressé Monique Bouquignaud, qui était seule dans le magasin, à l’aide de barres de fer. Une fois la victime à terre, sérieusement blessée, les trois hommes n’ont eu plus qu’à se servir. Il a suffi d’à peine cinq minutes pour vider la caisse et emporter des bijoux en or.

Les malfrats ont quitté les lieux à bord d’une Alfa Roméo grise, qui les attendait devant le commerce. « Une agression très violente » a confié le substitut du procureur. Hospitalisée à Cambrai, la gérante a un bras et des côtes cassés mais ses jours ne sont pas en danger. Les enquêteurs du SRPJ de Lille décortiquent en ce moment les bandes des nombreuses caméras de vidéo surveillance installées après le précédent braquage, il y a deux ans.

« On revit ce qu’on a vécu il y a deux ans »

En février 2011, le mari de cette bijoutière, Hervé Bouquignaud, est mort de plusieurs coups de couteau alors qu’il tentait de résister à trois braqueurs. Les agresseurs étaient repartis avec un butin dérisoire de 40 euros. Malgré ce drame, la veuve avait tenu à garder le magasin ouvert, « un moyen d’avancer, de se reconstruire » pour sa fille Gaëlle, qui ressent « de l’écœurement, de la colère et de la peur. Elle ajoute : On revit ce qu’on a vécu il y a deux ans, on ne comprend pas pourquoi, encore ».

Les auteurs de ce premier braquage ont été jugés en mars dernier, Chakib Quarkori, l'auteur des coups de couteau, a été condamné à vingt ans de réclusion criminelle, son complice, Sofiane Bacha à dix-sept ans et Romain Bonnet, qui leur avait fourni les armes, à sept ans d'emprisonnement.

« Ces personnes n’ont plus peur de rien, ni d’enlever la vie, ni de faire mal à autrui »

Pour Nadège, autre fille de Monique, les mesures de sécurité avaient été renforcées depuis la mort de son père : « La porte blindée, les caméras qui ont été développées ». Mais « dans l’époque à laquelle on vit », elle se montre résignée : « Même si on vivait dans une forteresse, ça n’arrêterait pas les gens. Ces braqueurs n’ont plus peur de rien, ni d’enlever la vie, ni de faire mal à autrui ».

Claire Béziau, avec Lionel Top