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Morte après 5 appels au Samu: la fille de la victime veut que les secours "reconnaissent leur erreur"

Une plainte a été déposée pour non-assistance à personne en danger, requalifiée ensuite par la police en homicide involontaire.

Le 14 septembre dernier, après cinq appels au Samu, une sexagénaire est morte dans une petite commune de Territoire-de-Belfort, à Lachapelle-Sous-Chaux. Dans un article de France 3 Bourgogne-Franche-Comté, qui a révélé l'affaire mardi, il est indiqué que les urgences ont été prévenues à 15h22. Les ambulanciers, envoyés par le SAMU, ne sont finalement arrivés sur place, auprès d'Edith Greffier, qu'à 16h17, selon nos informations, soit presque une heure après le premier appel.

"Bonjour, je vous attends pour ma maman... depuis 25 minutes... Elle est en train de faire un arrêt cardiaque! Il faut que vous veniez tout de suite! C'est à Lachapelle-Sous-Chaux, Mme Greffier. Elle ne respire plus, il faut que vous veniez tout de suite! Cela fait 25 minutes que vous me dites que vous êtes partis!", peut-on entendre la fille de la victime dire dans l'un de ses derniers appels, diffusé sur notre antenne. 

Transférée à l'hôpital de Trévenans, près de Belfort, Edith Greffier est morte d'un infarctus plus tard dans la journée. Sa fille, Anne-Sophie Forni, a déposé plainte, le 16 septembre, pour non-assistance à personne en danger, requalifiée ensuite par la police en homicide involontaire.

Anne-Sophie Forni a expliqué ce mercredi soir sur notre antenne les raisons pour lesquelles elle a décidé de porter plainte, notamment le fait que les appels passés au Samu depuis le Territoire-de-Belfort sont actuellement pris en charge par le centre de Besançon, dans le Doubs, à 90 km de là.

"Je veux que les urgences reconnaissent leur erreur, avec des aveux. Être mis en contact avec un centre d'appel à Besançon alors qu'il y en avait un avant sur Belfort-Montbéliard... C'est quelque chose qui doit être remis en place. Je ne pense pas qu'à Besançon ils sachent où se situe Lachapelle-sous-Chaux", a-t-elle assuré.

Des appels manquants

Contacté par BFMTV, le service communication de l'hôpital a fait savoir qu'une "analyse en interne de la prise en charge est en cours", ajoutant que "les bandes d'appels au Centre 15" ont été "transmises en intégralité" à la famille, ainsi qu’à la police.

La fille de la victime a, en effet, pu accéder à un "premier CD" sur lequel est enregistré son "premier appel" qui "a été coupé". 

"Mais il n'y avait pas mon deuxième appel et mon troisième appel. L'Agence régionale de la santé (ARS) leur a posé la question. On leur a posé la question. On aimerait savoir pourquoi on n'a pas tout eu en une seule fois. Et pourquoi on a dû refaire la demande. Pour moi, il s'agissait des appels principaux. J'avais bien détaillé en leur envoyant les heures des appels et les appels que je voulais", a-t-elle ajouté.
Jérémie Paire avec Clément Boutin