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Meurtre d'Elodie Kulik: en appel, la culpabilité de Willy Bardon à nouveau débattue

Willy Bardon a fait appel de sa condamnation à 30 ans de prison en 2019. Il comparaît ce lundi devant le tribunal de Douai et continue de clamer son innocence. Les parties civiles, elles, restent convaincues de sa culpabilité.

"Dans cette affaire, on veut un coupable à tout prix." C'est "encore plus combatif" qu'en première instance que Me Gabriel Dumesnil prépare le retour de son client devant la justice. Ce lundi, Willy Bardon comparaît devant la cour d'appel de Douai pour le meurtre d'Elodie Kulik, une jeune femme de 24 ans dont le cadavre calciné a été retrouvé en 2002 à Tertry, dans l'Aisne.

Jacky Kulik, le père d'Elodie, retrouvée morte en 2002.
Jacky Kulik, le père d'Elodie, retrouvée morte en 2002. © DENIS CHARLET / AFP

Lors de son premier procès, il avait été condamné à 30 ans de réclusion criminelle pour viol, enlèvement et séquestration suivis de mort alors qu'il n'a cessé de clamer son innocence. La peine avait suscité une vive incompréhension chez son avocat qui pointe "le vide abyssal de ce dossier, c'est une fumisterie".

Manque de preuves

La pièce maîtresse de l'accusation est un enregistrement de 26 secondes où l'on entend la victime appeler au secours, et sur lequel certains des témoins ont dit reconnaître la voix de Bardon.

"Cette bande sonore est presque inaudible. L'ensemble des experts ont conclu qu'il ne pouvait pas y avoir de comparaison", s'agace Me Dumenil.

Il rappelle également que l'ADN de son client n'a pas été relevé sur la scène de crime, contrairement à celui de Grégory Wiart, considéré comme l'autre coupable de ce meurtre mais qui n'a jamais pu être jugé. Le jeune homme est en effet mort dans un accident de la route avant que les enquêteurs ne le relient à l'affaire.

"Le corps d'Elodie a été brûlé pour faire disparaître les traces. Ce n'est pas parce que Grégory Wiart n'a pas pris suffisamment de précautions que Willy Bardon ne l'a pas fait", oppose Me Didier Seban qui représente les parties civiles aux côtés de Me Corinne Herrmann.

Les parties civiles "convaincues" de sa culpabilité

Deux ans après le premier procès, Me Seban dit "ne pas douter de sa culpabilité". Pourtant, un coup de théâtre dramatique au moment du verdict aurait pu ébranler l'accusation. A l'annonce de la décision de la cour d'assises, Willy Bardon a tenté de se suicider en ingurgitant un produit toxique qu'il avait dans sa poche.

"Certains l'ont vu comme le geste du désespoir d'un innocent. De notre côté, nos certitudes n'ont pas bougé. Mais évidemment, cette scène a été un choc. On veut une justice, pas la mort d'un homme", commente Didier Seban.

A partir de ce lundi, les débats se rouvriront donc afin de déterminer si, oui ou non, Willy Bardon a participé au meurtre d'Elodie Kulik. Mais avant d'entrer dans le vif du sujet, Me Gabriel Dumenil formulera devant la cour une demande de remise en liberté de son client afin qu'il comparaisse libre, comme c'était le cas en première instance.

L'homme a en effet à nouveau été incarcéré au mois de mai pour avoir violé son contrôle judiciaire en entrant en contact avec un témoin, "un ami qui le défend depuis le début de l'affaire". "C'est important qu'il comparaisse libre, les apparences sont très importantes en pénal, surtout dans une affaire aussi médiatisée", estime-t-il.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV