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Le tireur présumé de Libération et de BFMTV renvoyé aux assises

Le 15 novembre 2013, il avait fait irruption dans les locaux de BFMTV muni d'un fusil à pompe.

Le 15 novembre 2013, il avait fait irruption dans les locaux de BFMTV muni d'un fusil à pompe. - BFMTV - AFP

En 2013, Abdelhakim Dekhar avait pénétré dans les locaux de BFMTV, armé. Trois jours plus tard, il se rendait au journal Libération où il blessait un photographe.

Il avait crée la panique pendant quelques jours dans Paris en novembre 2013. Un juge d'instruction a ordonné le renvoi aux assises d'Abdelhakim Dekhar pour son périple armé à BFMTV, Libération et à la Défense en novembre 2013, au cours duquel un assistant photographe avait été grièvement blessé, a appris l'AFP mercredi de source judiciaire. L'homme qui avait hébergé Dekhar avait aussi été mis en examen en décembre 2013. Il a été renvoyé aux assises pour les délits connexes de destruction de preuves, en l'occurrence le fusil, et recel de malfaiteurs.

Le 15 novembre 2013, Abdelhakim Dekhar avait fait irruption au siège de BFMTV, armé d'un fusil à pompe, mais sans ouvrir le feu. Trois jours plus tard, il entrait dans les locaux de Libération et blessait cette fois grièvement un assistant photographe, avant de prendre la fuite. Il tirait encore plusieurs coups de feu devant le siège de la Société Générale dans le quartier d'affaires de La Défense, près de Paris.

"Frapper les esprits"

Dans leur ordonnance du 25 mars, les juges l'ont aussi renvoyé aux assises pour la brève prise d'otage qui avait suivi lorsqu'un automobiliste avait été contraint de le conduire jusqu'à la place de l'Etoile, dans la capitale. Une vaste traque avait alors été lancée pour retrouver l'auteur de ces attaques. Le 20 novembre, grâce au témoignage décisif de l'homme qui l'hébergeait, il avait été interpellé dans un véhicule garé dans un parking de Bois-Colombes, dans Hauts-de-Seine, près de Paris. Le suspect était à moitié inconscient, après la prise de médicaments laissant penser à une tentative de suicide.

Dans une lettre, il évoquait de manière confuse l'existence d'un complot fasciste et s'en prenait à l'action des médias, des banques et la politique des banlieues. Abdelhakim Dekhar s'était d'abord muré dans le silence, disant ne pas se souvenir des faits. Puis sa position a changé au cours de l'enquête. Il a alors affirmé qu'il avait agi pour "frapper les esprits" mais qu'il n'avait jamais eu l'intention de tuer, a expliqué à l'AFP une source proche du dossier.

Abdelhakim Dekhar a déjà été condamné en 1998 à quatre ans de prison pour avoir acheté le fusil à pompe qui avait servi à Florence Rey et Audry Maupin en 1994. L'équipée sanglante de ce jeune couple, qui fréquentait les milieux d'ultra-gauche, avait fait cinq morts dans Paris: trois policiers, un chauffeur de taxi et Audry Maupin. Après sa sortie de prison, Dekhar avait notamment séjourné en Angleterre.

la rédaction avec AFP