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Le procès en appel des "reclus de Monflanquin" s'est ouvert

Condamné à 8 ans de prison en première instance, Thierry Tilly est jugé à partir de lundi en appel.

Condamné à 8 ans de prison en première instance, Thierry Tilly est jugé à partir de lundi en appel. - -

Le "gourou" Thierry Tilly, accusé d'avoir manipulé et conduit à leur ruine une famille de notables, revient devant la justice pour son procès en appel, qui doit durer jusqu'à vendredi.

Pantalon et polo à manches longues noirs, il s'est installé dans le box des accusés vers 9h40. Thierry Tilly, condamné à huit ans de prison en première instance pour avoir manipulé et conduit à leur ruine une famille de notables, comparaît lundi pour son procès en appel devant la cour d'assises de Bordeaux.

Dès l'ouverture des débats, un vif échange l'a opposé au président de la Cour Michel Barrailla, l'accusé commentant la lecture de ses précédentes condamnations. "Vous répondrez quand je vous donnerai la parole (...), a répliqué le président. Vous voulez que votre procès se tienne?" "Pourquoi pas, monsieur le président?", a répondu le prévenu, avant de se faire plus déférent.

"Il lui est impossible d'accepter une décision qui l'a présenté comme un être machiavélique", avait indiqué avant l'ouverture de l'audience son conseil, Me Alexandre Novion.

Emprise psychologique

C'est à la fin des années 1990 que Thierry Tilly fait connaissance des Védrines, une famille de notables aisés, instruits et honorablement connus du Sud-Ouest. L'homme réussit à isoler psychologiquement de leurs proches onze personnes, issues de trois générations, à les convaincre qu'elles sont victimes d'un complot dont lui seul peut les sauver, et à leur faire vendre tous leurs biens à son profit. Le tout en une dizaine d'années.

Mais la suite de la séquestration d'une des femmes de la famille pendant une semaine, accompagnée de violences, certaines victimes reprennent alors contact avec la réalité. Les autres sont libérées quelques mois plus tard de l'emprise de leur gourou avec l'arrestation de Thierry Tilly en octobre 2009.

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Son coaccusé se désiste

Dans son jugement en première instance, le 13 novembre dernier, le tribunal de Bordeaux avait notamment remarqué que Thierry Tilly s'était appuyé sur "la situation, l'histoire et le fonctionnement" de cette famille, et avait su en "exploiter les failles (...) mésententes (...) rivalités (...) et mesquineries" par toute une série de "pressions et de techniques psychologiques".

Jacques Gonzalez, son coaccusé en première instance condamné à quatre ans de prison, s'est pour sa part désisté de son appel. Pour l'avocat de Thierry Tilly, Jacques Gonzalez est dans cette affaire le "marionettiste" qui s'est "joué de la personnalité tourmentée de son client".


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