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Le procès des violences présumées entre un policier et un prévenu s'ouvre au TGI de Paris

Le nouveau palais de justice de Paris

Le nouveau palais de justice de Paris - BFMTV

Le prévenu, qui devait être jugé en juillet dernier pour “vol en réunion” au Tribunal de Grande Instance de Paris, accuse un policier de l’avoir frappé dans l’enceinte du palais de justice. De son côté, le policier mis en cause a également porté plainte.

Deux enquêtes ouvertes, sans aucun lien avec le jugement qui devait être rendu. Le lundi 23 juillet 2018, un prévenu qui devait être jugé en comparution immédiate au Tribunal de Grande Instance de Paris pour “vol en réunion”, accuse un policier de 23 ans de l’avoir frappé au visage alors qu’il était encore au dépôt judiciaire.

Le 24 juillet, une enquête est ouverte pour “violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique", confiée à l'IGPN, la police des polices. Seulement, le policier mis en cause accuse, lui aussi, le prévenu de l'avoir frappé. Ils comparaissent tous les deux ce jeudi en correctionnelle pour “violences réciproques présumées”, devant le TGI de Paris.

Visage tuméfié et plaie à l'arcade

Le 23 juillet, c’est la Conférence du Barreau de Paris qui publie un message sur son compte Twitter, pour dénoncer les faits. “La Conférence constate, ce jour, des actes de violences policières inadmissibles, commises au dépôt dans l’enceinte du tribunal, sur un prévenu jugé en comparution immédiate. Cette situation est intolérable”, est-il écrit. Selon la Conférence, le prévenu aurait reçu "quatre ou cinq coups de poing" au visage.

Dans le même message, l’association d’avocats annonce avoir saisi le président du TGI ainsi que le procureur de la République. Sur la photo qui accompagne le message Twitter, le prévenu présente un visage tuméfié, ainsi qu’une plaie à l’arcade sourcilière.

Le policier "menacé de mort"

Le syndicat Alliance Police nationale, qui assure que le prévenu s’est rebellé, explique que le policier a également porté plainte et annonce qu’une enquête a été ouverte, cette fois pour "violences volontaires et menaces de mort sur personne dépositaire de l'autorité publique".

À l’époque, Loïc Travers, le secrétaire général du syndicat Alliance Police nationale en Île-de-France, explique sa version des faits à France Info: “Aux alentours de 19h20, notre collègue était chargé d'escorter un détenu aux toilettes. Le détenu n’a pas voulu regagner sa cellule parce qu’il ne la trouvait pas appropriée”, explique le syndicaliste.

"Notre collègue bien évidemment, force doit rester à la loi, lui demande de regagner sa cellule. À ce moment-là, cet individu va tenter de porter un coup à la tête de notre collègue qui va le parer avec son bras et la violence va aller crescendo", indique Loïc Travers. Selon ce dernier, le prévenu serait allé jusqu’à menacer de mort le policier mis en cause. Ce sera donc au tribunal de déterminer qui a porté le premier coup. Verdict ce 17 janvier.
Valentine Arama