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Incendies dans le Gard: ce que l'on sait de l'accident qui a coûté la vie au pilote du bombardier

Des trackers - Image d'illustration

Des trackers - Image d'illustration - PASCAL GUYOT / AFP

Une enquête judiciaire a été ouverte sur ordre du procureur de la République de Nîmes afin de comprendre les circonstances du drame.

Alors qu'il luttait contre les violents incendies qui ont déjà détruit près de 800 hectares de bois, garrigues et vignes aux alentours de la commune de Génerac dans le Gard, le pilote d'un bombardier a perdu la vie ce vendredi un peu après 17h.. 

"Ce soir un pilote de bombardier d'eau a trouvé la mort en luttant contre les flammes. Il a donné sa vie pour sauver celle des autres", a tweeté Emmanuel Macron.

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, déjà présent à Générac mercredi, pour constater les dégâts du premier incendie, sera de retour sur place samedi matin, à partir de 10h. Il se rendra sur les lieux du sinistre, ainsi que sur la base aérienne de Nîmes-Garons, où était stationné l'appareil qui s'est écrasé.

Enquête ouverte

Afin de comprendre les circonstances de l'accident, une enquête judiciaire a été ouverte sur ordre du procureur de la République de Nîmes Eric Maurel. De même une enquête de sécurité a été ouverte par le Bureau enquêtes accidents.

Bien que les détails techniques ne soient pas encore connues, le pilote, âgé de 49 ans, ancien de l'armée de l'air, était expérimenté. Selon plusieurs témoins interrogés par BFMTV, "plusieurs explosions successives" ont été entendues" avant le crash. "J’ai vu l’avion rentrer dans la fumée et chuter", assure quant à lui un second témoin.

"Ce sont des gens gens qui flirtent avec le danger et la mort en permanence. Ce sont des hommes de l‘ombre qui rendent des services exceptionnels", salue à notre antenne Alexandre Pissas, président du SDIS 30.

Selon une source proche de l'enquête, le pilote aurait "perdu ses repères" dans l'épaisse fumée.

"Le pilote, qui était en phase descendante, est entré dans une colonne de fumée très épaisse et a percuté la cime des arbres", a-t-elle ajouté. "C'est un problème d'estimation du pilote qui est entré dans un nuage très sombre et a perdu ses repères."

Décrochage de l'appareil? 

Pour notre spécialiste Jean Serrat, la cause de l'incident ne serait pas une erreur de pilote, mais due aux conditions extrêmes d'une telle opération. 

"Quand vous être pilote d'un tracker, vous être obligé d’être aux limites extrêmes de capacité de vol d’un avion. C’est-à-dire que l’avion va devoir passer le plus lentement possible, le plus proche possible de la zone de feu. Un avion est porté par l’air, plus l’air est froid, plus il est dense et mieux l’avion est porté. Plus l’air est chaud, moins l’air est dense, moins l’avion est porté. Il va passer dans des zones qui varient de températures, d’un seul coup il va être dans une zone tiède, puis une zone brûlante, donc moins porteuse", analyse-t-il.

Un changement de température soudain, qui pourrait alors faire subir à l'appareil un "décrochage."

"L'aile n’est plus en capacité à porter l’avion. Quand on décroche, on décroche violemment, et on part en début de vrille ;Ce n’est pas un problème si on est haut en altitude, malheureusement le tracker est à très basse altitude, vous n’avez plus la hauteur suffisante", conclut-il.

Hugo Septier