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"Il faut qu'on soit protégé": agressé, un maire du Pas-de-Calais réclame plus de forces de l'ordre

Agressé physiquement vendredi alors qu'il tentait de faire cesser un tapage nocturne, Gérard Dué, maire de Croisilles, déplore une hausse des incivilités à son encontre depuis plusieurs années.

C'est la première fois en 25 ans de mandat que Gérard Dué, maire de la petite ville de Croisilles, dans le Pas-de-Calais, est victime d'une telle agression. Vendredi dernier, l'édile à la tête de cette commune de 2000 habitants depuis 1995, reçoit plusieurs appels de ses administrés se plaignant d'un tapage nocturne.

Arrivé sur place, le maire n'a pas le temps d'engager la conversation que l'une des personnes présentes s'en prend physiquement à lui.

"Ça s'est passé en quelques secondes, raconte-t-il à BFM Grand Lille. Il m'a poussé par terre, à deux, trois mètres. Donc j'ai le poignet luxé", explique-t-il, montrant son bras encore soutenu par une attelle. "Aujourd'hui ma main est bleue. Je n'ai rien de cassé, mais ça aurait pu arrivé."

"On n'y va pas par plaisir, c'est pas notre job"

S'il s'agit de la première fois que Gérard Dué est physiquement atteint dans l'exercice de ses fonctions, il assure avoir remarqué depuis plusieurs années une hausse des tensions et des incivilités sur sa commune.

Son agresseur a été interpellé et a écopé de quatre mois de travaux d'intérêts généraux, mais élu s'estime tout de même peu soutenu.

S'il n'hésite pas à intervenir lorsqu'il est contacté par des habitants de Croisilles, il fait en effet face à des situations de plus en plus dangereuses. Il veut aujourd'hui un soutien plus marqué de la part des forces de l'ordre.

"On n'y va pas par plaisir, ça n'est pas notre job, en principe, déplore-t-il. Il faut qu'on soit protégé. Il fait qu'on ait une gendarmerie tout près, des gens présents, prêts à intervenir. Et après, il faut que la justice suive", demande-t-il.

Des agressions en hausse de 14% par rapport à 2019

Gérard Dué est loin d'être le seul édile à devoir faire face à ce type d'agression. Depuis le mois de janvier, pas moins de 233 maires et adjoints de communes ont été pris à partie, parfois physiquement, en tentant de mettre fin, comme à Croisilles, à des incivilités.

Un triste chiffre, qui témoigne d'une hausse de 14% des agressions à l'encontre des maires par rapport à la même période l'année dernirère, selon un rapport du ministère de l'Intérieur.

Juliette Mitoyen Journaliste BFM Régions