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Grève du ramassage des ordures: quels risques sur la sécurité?

Depuis lundi, le ramassage des ordures est fortement perturbé dans plusieurs villes de France. si les blocages ont pris fin à Clermont-Ferrand, les poubelles pleines et autres déchets jonchent déjà de nombreuses rues de Paris. Un problème de taille pour la sécurité à la veille du début de l'Euro 2016.

Tous les utilisateurs des transports en commun parisiens sont habitués aux perturbations lors de la présence d'un colis suspect. Or que faire, alors que la moitié des arrondissements de la capitale sont touchés par une grève du ramassages des ordures, entraînant une accumulation de déchets dans les rues? Outre les problèmes sanitaires et l'impact sur l'image de la France dans le monde, l'enjeu est également sécuritaire, à la veille du début de l'Euro 2016, et dans le cadre du plan Vigipirate.

Après une semaine de conflit, la CGT a annoncé ce jeudi la reconduction de la grève jusqu'à mardi prochain dans le plus grand centre de traitement des déchets d'Ile-de-France. "La Ville de Paris a été confrontée plusieurs fois depuis jeudi dernier à des blocages ponctuels des garages où stationnent les bennes de collecte", précise la mairie de Paris dans un communiqué. Résultat: les poubelles débordent dans les 2e, 5e, 6e, 8e, 9e, 12e, 14e, 16e, 17e et 20e arrondissements. Et ce alors que les poubelles en dur avaient été adaptées, voir supprimées, dans le cadre de la mise en place du plan Vigipirate pour limiter les risques terroristes.

Barricades naturelles, projectiles...

"C’est une situation qui est très préoccupante", alerte Florence Berthout, la maire LR du 5e arrondissement. Alors que de nombreux Parisiens témoignent sur les réseaux sociaux de la multiplication des mauvaises odeurs dans les rues de la capitale, l'élue craint un risque sanitaire. Mais pas que. "En période de Vigipirate renforcé, nous ne pouvons pas nous permettre, notamment à proximité des écoles, d’avoir des amoncellements de sacs dont on ne maîtrise absolument pas les contenus", insiste-t-elle, réclamant la "réquisition des forces de l'ordre" pour régler le problème. 

Barricades naturelles, projectiles à lancer contre les forces de l'ordre... Les policiers redoutent aussi que ces déchets leur donne une charge de travail supplémentaire. "Ce sont des outils qui peuvent être donnés aux casseurs et aux hooligans", prévient Fabien Vanhemelryck, secrétaire général délégué du syndicat Alliance Police nationale, craignant des difficultés supplémentaires pour les hommes sur le terrain en cas d'affrontements. "Ca s'additionne, ça s'ajoute", déplore-t-il. "On n'avait vraiment pas besoin de ça."

La police en renfort

En tout, 90.000 personnes vont être mobilisées pour assurer la sécurité de cet Euro 2016, dont 77.000 policiers et gendarmes. "On ne peut pas dire si c’est suffisant. Il n’y a pas que la menace terroriste, il y a le hooligalisme à l’origine d’actes de violence et d’actes dangereux", détaille Driss Aït Youssef, docteur en droit, alertant sur la sécurisation des parcours "entre les transports en commun et l’arrivée du stade", alors que la France s'apprête à accueillir près de sept millions de touristes pour l'événement.

Du côté de la mairie de Paris, on indique avoir eu recours à la force publique mardi matin pour débloquer les garages concernés par les blocages impactant le ramassage des ordures dans la moitié des arrondissements de la capitale. L'autre moitié est assurée par des sociétés privées. "La police a également engagé le redéploiement d’une partie de ses effectifs et de ses moyens, au maximum de leurs capacités, pour soulager les arrondissements les plus touchés, les axes très fréquentés ou encore les quartiers populaires", précise la municipalité, qui appelle "à la reprise du dialogue".

Justine Chevalier