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Gilets jaunes: deux journalistes indépendants arrêtés à Paris

Arrestation place de la République à Paris lors de la 23e journée de mobilisation des gilets jaunes, le 20 avril 2019

Arrestation place de la République à Paris lors de la 23e journée de mobilisation des gilets jaunes, le 20 avril 2019 - Zakaria ABDELKAFI / AFP

Le photographe Alexis Kraland et le journaliste Gaspard Glanz ont été placés en garde à vue pour "participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations".

"Sombre bilan à l’issue d’une nouvelle journée de manifestations des gilets jaunes." Ce samedi, au terme de la 23e journée de mobilisation des gilets jaunes, Reporters Sans Frontières a déploré l'interpellation de deux journalistes indépendants qui couvraient les manifestations à Paris, "alors qu’ils étaient clairement identifiés Presse". "L’information est un droit!", rappelle l'association qui défend la liberté de la presse.

Le Syndicat national des Journalistes est également monté au créneau, invitant le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner à "ne pas bafouer l'Etat de droit" et la préfecture de police de Paris à "respecter la liberté d'informer".

Alexis Kraland et Gaspard Glanz

Le premier, Alexis Kraland, photojournaliste indépendant, a été arrêté dans la matinée dans l'enceinte de la gare du Nord où les forces de l'ordre réalisaient de nombreux contrôles préventifs en amont de la manifestation. Contacté par nos confrères de CheckNews, il raconte avoir été approché des policiers pour un contrôle alors qu'ils suivaient de loin des gilets jaunes qui se dirigeaient vers le métro.

"Ils ont directement montré de l’intérêt pour ma caméra. Ils m’ont demandé de leur donner, mais j’ai refusé en leur disant que j’étais journaliste, que c’était mon matériel et que je ne leur donnerai que si j’étais en garde à vue. Ils se sont énervés", raconte le photographe de presse qui a été placé en garde à vue pour "participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations".

D'après les informations du site de Libération, Gaspard Glanz, fondateur de l'agence Taranis News, habitué des manifestations, a quant à lui été arrêté place de la République dans l'après-midi. Sur plusieurs vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on aperçoit le jeune homme équipé d'un casque siglé TV mis à terre par les forces de l'ordre. D'après plusieurs témoins, l'interpellation de Gaspard Glanz serait intervenue après plusieurs échanges tendus et agressifs avec les forces de l'ordre, certains évoquant "un doigt d'honneur" du journaliste en leur direction.

Contacté par CheckNews, le parquet de Paris a confirmé que Gaspard Glanz avait été placé en garde à vue pour "participation à un groupement en vue de commettre des violences ou des dégradations", ainsi que pour "outrage sur personnes dépositaires de l’autorité publique".

Mélanie Rostagnat