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"Comme une opération militaire": le récit de l'enlèvement de Mia par les enquêteurs

Le procureur de la République de Nancy, François Pérain, a décrit ce dimanche la façon dont les ravisseurs présumés de Mia ont organisé le rapt de la petite fille, retrouvée saine et sauve avec sa mère ce dimanche matin en Suisse.

Un enlèvement "conçu comme une opération militaire". C'est la façon dont le procureur de la République de Nancy, François Pérain, a décrit ce dimanche le rapt de la petite Mia, quelques heures après avoir annoncé que la fillette et sa mère avaient été retrouvées dans un squat en Suisse.

"Il s'agissait d'une action extrêmement bien préparée, dénommée 'opération Lima', comme s'il s'agissait d'une opération militaire", a-t-il déclaré.

Mia Montemaggi, 8 ans, a été enlevée mardi 13 avril chez sa grand-mère maternelle aux Poulières, un village vosgien situé à une trentaine de kilomètres d'Epinal. Cet enlèvement effectué par trois hommes, mais qui implique un nombre plus important de complices, a été instigué à la demande de la mère de l'enfant.

Lors d'une conférence de presse, François Pérain a donné les détails de cette opération, notamment les surnoms de ses instigateurs, décrits comme des "hommes plutôt insérés socialement, pas connus de la justice et qui n'ont jamais fait parler d'eux".

Jeannot, Pitchoune, Le Corbeau, Bruno et Basile, ainsi qu'ils se font surnommer, ont réuni 3000 euros "pour les frais d'essence, de péage, mais aussi pour la mère de l'enfant", a déclaré François Pérain. Un autre protagoniste, surnommé "Bouga" sur les réseaux sociaux, avait "acheté des talkie-walkie et des téléphones portables".

Cinq d'entre eux sont en cours de présentation devant le juge d’instruction en vue de leur mise en examen. Un sixième est toujours en cours d'identification.

Un véhicule maquillé

"Ils se sont rencontrés sur les réseaux sociaux, partagent les mêmes idées, ils sont contre l'État et mobilisés contre ce qu'ils appellent la dictature sanitaire", a décrit le magistrat, qui a évoqué la présence de matériel destiné à produire de faux certificats médicaux chez "Pitchoune".

"Ils pensent que les enfants placés dans le cadre de la protection de l'enfance sont enlevés injustement à leurs parents", a-t-il continué.

Pour mener à bien leur opération, le groupe a maquillé un véhicule. Une partie d'entre eux a ensuite franchi à pied la frontière franco-suisse. "Là, un homme nommé Roméo a pris en charge la mère de l'enfant et l'enfant en Porsche Cayenne pour les emmener à l'hôtel", raconte François Pérain.

Elles ont ensuite été prises en charge par une femme "sympathisante du mouvement", qui les a hébergées avant de les conduire au squat de Sainte-Croix.

Roméo, un ressortissant français habitant en Suisse, et la mère de Mia, Lola Montemaggi, ont tous les deux été arrêtés en territoire helvète. Des mandats d'arrêt européens doivent être délivrés pour qu'ils soient remis au juge d'instruction de Nancy, a déclaré le procureur de la République.

Une délégation composée d'un assistant social et d'un psychologue sont en route pour Vaud pour récupérer Mia, et la remettre à sa grand-mère, a conclu François Pérain.

Samuel Kahn