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Deux peines de prison ferme requises contre Gaston Flosse

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Deux peines de prison ferme ont été requises en deux jours contre l'ex-président de la Polynésie française et ex-sénateur Gaston Flosse. Mercredi (jeudi à Paris), deux ans ferme et cinq ans d'inéligibilité ont été requis par le parquet, au tribunal correctionnel de Papeete, pour détournement de fonds publics, faux et usage de faux.

La veille, c'est un an de prison ferme et cinq d'inéligibilité qui avaient été requis pour atteinte à la vie privée. Les deux affaires sont liées au SED, le Service d'Etudes et de Documentation, qui avait réalisé des filatures de personnalités politiques, magistrats, journalistes et d'ex-compagnes de Gaston Flosse, sous sa présidence, entre 1997 et 2004.

Activités d'espionnage

Gaston Flosse, 83 ans, purge depuis septembre dernier une peine de trois ans d'inéligibilité, dans une affaire d'emplois fictifs. Cette peine lui a fait perdre ses mandats de président de la Polynésie française et de sénateur (dvd), mais il conserve la tête du premier parti politique local, le Tahoeraa Huiraatira.

Mercredi, il lui était reproché d'avoir employé 19 personnes qui se livraient à des activités d'espionnage, alors qu'il avaient signé un contrat d'agent administratif ou de technicien. Le SED a coûté à la collectivité plus de cinq millions d'euros, selon la Chambre Territoriale des Comptes, et 6,7 millions d'euros selon Alex Du Prel, le plaignant à l'origine de l'affaire.

"Acharnement judiciaire"

Ce rédacteur en chef d'un journal local, Tahiti-Pacifique, avait été suivi, et ses conversations enregistrées dans un restaurant. Gaston Flosse a estimé que ces procès relevaient de "l'acharnement judiciaire" contre lui, tandis que le procureur, José Thorel, a estimé dans ses réquisitions que son casier relevait de "l'anthologie judiciaire".

Comme la veille, l'avocat de Gaston Flosse, Me François Quinquis, a estimé que les faits étaient prescrits. Et pour lui, les activités de "renseignement politique" ne sont pas prohibées. Dans les deux affaires du SED, le délibéré sera rendu le 23 juin.