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Dans les catacombes "les cataflics" patrouillent à trente mètres sous terre

Depuis 1980, une brigade de police patrouille dans les catacombes de la capitale. Ces policiers surnommés les "cataflics" viennent y déloger les "cataphiles" qui s'installent dans les souterrains, malgré l'interdiction et le danger.

Quatre fois par semaine, Nicolas et ses collègues descendent dans les entrailles de la capitale. Familièrement surnommés les "cataflics" ils font partie de la brigade des carrières, chargée de déloger les "cataphiles", ces passionnés de souterrains qui squattent les galeries parisiennes. Avant de descendre dans les catacombes et de passer plusieurs heures sous terre, les policiers se sont équipés de casques et de lampes frontales.

"Les cataphiles connaissent très très bien les carrières, ils descendent souvent, ils y passent plusieurs jours, plusieurs nuits dessous", explique le gardien de la paix. 

Cache-cache entre cataflics et cataphiles

L'accès aux souterrains est normalement interdit mais une véritable vie parallèle s'y déroule, à trente mètres sous terre. Pour dénicher ces habitants clandestins, une partie de cache-cache va s'engager dans un dédale de 300 kilomètres. Les policiers restent vigilants et restent au moins groupés par deux. Dans ces couloirs étroits, la brigade progresse pièce par pièce, à la recherche du moindre indice.

"Là clairement, c'est un reste de fumigène, constate le policier. Le cataphile est joueur, entre eux ils aiment bien s'enfumer. Donc ça en gros, c'est un résidu de fumigène fait de manière artisanale donc dangereux."

Un labyrinthe dangereux

Un peu plus loin c'est une odeur de peinture fraîche qui va alerter les policiers sur la présence de potentiels intrus. Car ces galeries sont un véritable terrain de jeu pour les graffeurs qui recouvrent les murs de leurs fresques. Au bout de plusieurs heures de patrouille, les policiers finissent par tomber sur des cataphiles. Endormis sur des lits de camp très bien cachés, ils sont réveillés par les policiers qui procèdent à un contrôle. Une rencontre qui exaspère le policier.

"Ce qui nous agace le plus, c'est comme vous pouvez le voir nous on descend on est équipés. Eux ils descendent sans casque, rarement avec des frontales, pour la plupart c'est des lampes", regrette Nicolas.

Il déplore également leur comportement irresponsable dans ce labyrinthe. "Ils boivent, ils fument et leurs plans sont assez rustiques parfois. Donc forcément après une bonne soirée, cela arrive qu'ils s'égarent ou qu'ils se blessent donc on appelle qui? La police", résume le policier. Chaque semaine, près d'une centaine de personnes sont interpellées dans les catacombes. Les deux jeunes hommes découverts sous terre ce jour-là par les policiers écoperont d'une amende de 60 euros et d'une convocation au tribunal.

C. B avec Anne-Laure Banse