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Corse: le nationaliste Charles Pieri placé en garde à vue pour des soupçons d'abus de biens sociaux

Charles Pieri à Ajaccio, en Corse, le 23 mars 2019.

Charles Pieri à Ajaccio, en Corse, le 23 mars 2019. - Pascal Pochard-Casabianca - AFP

L'ancien chef présumé du FLNC et membre de la direction du parti indépendantiste Corsica Libera a été interpellé ce mardi matin à son domicile dans le cadre d'une enquête préliminaire ouverte pour abus de biens sociaux. Il a été placé à garde à vue à Bastia.

Le membre de l'exécutif de Corsica Libera, Charles Pieri a été interpellé et place en garde à vue ce mardi à Bastia, a appris BFMTV auprès de sources concordantes, confirmant une information de France 3 Via Stella

Le nationaliste a été arrêté au cours de la matinée à son domicile, dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Bastia pour abus et recel d'abus de biens sociaux. Lors de la perquisition de son logement, des armes et notamment des armes de poing, ont été découvertes par les enquêteurs, a fait savoir le parquet.

Usage de service sans rémunération

Dans ce même dossier, trois autres personnes ont également été interpellées ce mardi: une membre de l'entourage de Charles Pieri, interpellée au domicile de ce dernier, et de deux salariés d'une société visée par l'enquête. Il s'agit d'une affaire de droit commun concernant l'usage de service sans rémunération, selon plusieurs sources concordantes.

L'association de défense des prisonniers corses Sulidarita a appelé sur les réseaux sociaux à "se rassembler immédiatement devant le commissariat de Bastia" où les quatre personnes sont en garde à vue.

Le militant indépendantiste est apparu à l'été 2018 comme une pomme de discorde entre les deux chefs de file de la majorité nationaliste qui dirigent les institutions corses. Gilles Simeoni avait en effet refusé de prendre part à un débat animé par Charles Pieri début août lors des journées nationalistes de Corte, tandis que Jean-Guy Talamoni, son ancien avocat, restait proche de lui.

Multiples condamnations

Charles Pieri a déjà été condamné en appel en 2001 à 5 ans de prison pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, en 2005 à 10 ans de prison - ramenés à 8 en appel - pour notamment "extorsion de fonds" et "association de malfaiteurs" puis en 2011 à un an de prison pour port d'arme. En juillet 2013, il a été une nouvelle fois condamné pour détention illégale d'armes à deux ans de prison.

En septembre 2018, Charles Pieri, figure controversée du nationalisme corse, a été condamné à 15.000 euros d'amende et à la confiscation des scellés dont son ordinateur pour un message insultant la veuve du préfet Erignac posté sur un compte Facebook lui étant attribué.

Mélanie Bertrand avec Ambre Lepoivre et AFP