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Commissariats bloqués, aéroports au ralenti: les policiers en colère ont lancé leur "Acte 1"

Les policiers assurent le service minimum ce mercredi.

Les policiers assurent le service minimum ce mercredi. - DR

Ils ont annoncé une "journée noire pour les policiers". A l'appel des syndicats Alliance, Unité SGP Police et UNSA, les agents assurent le service minimum en répondant uniquement aux appels d'urgence. Les organisations doivent reprendre les négociations avec le ministre de l'Intérieur ce mercredi à partir de 17h30.

Une mobilisation générale. L'Acte 1 des policiers ne se déroule pas dans les rues ou les ronds-points mais bien dans les commissariats, dont de nombreuses portes sont restées fermées ce mercredi. Les fonctionnaires sont appelés par leurs syndicats à faire une grève du zèle afin de protester contre leurs conditions de travail, notamment après des mois de sollicitations intenses, afin également de réclamer une revalorisation salariale et plus de considération.

Pour la journée de mercredi, le syndicat Alliance a lancé le mot d'ordre "Fermons les commissariats" et demandé "à tous les policiers de France de ne sortir que sur appel d'urgence" au 17. Mardi soir, Unité SGP-FO a appelé à rejoindre le mouvement. De son côté, UNSA a appelé ses adhérents dès mardi à opérer un service minimum et une opération "100% prévention": pas de policiers dans les rues et des commissariats fermés.

Portes fermées

Dans les faits, ces appels se sont traduits par des fermetures de commissariats partout en France. Aux aéroports de Roissy et d'Orly, les fonctionnaires de la Police aux frontières appliquent un contrôle scrupuleux des passeports en soutien à leurs collègues "épuisés", provoquant de longues files d'attente de passagers.

"On a mobilisé les policiers de la police aux frontières en soutien à nos homologues parisiens, CRS, sécurité publique, qui sont harassés par des semaines et des semaines de maintien de l'ordre, a précisé Mathieu Rael, délégué syndical Alliance à Roissy. C'est la façon des collègues PAFistes de Roissy-Charles-de-Gaulle et du Bourget de montrer leur mécontentement et qu'ils aimeraient un peu de considération."

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Reprise des négociations

Cette journée noire intervient au lendemain de premières négociations entre les organisations syndicales et le ministère de l'Intérieur. Les discussions ont été interrompues mardi soir après que les syndicats ont fait une série de propositions en réponses à celles du gouvernement. Outre une prime exceptionnelle de 300 euros pour les fonctionnaires mobilisés ces dernières semaines, Laurent Nunez, le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Intérieur, a annoncé ce mercredi matin sur RMC que les heures supplémentaires des policiers seront payées.

"En gros, c'est trois millions d'heures supplémentaires qui sont créées chaque année. Payer l'ensemble de ces heures, c'est un coût qui représente 274 millions d'euros, a-t-il déclaré. Ce paiement sera effectif selon un calendrier que nous allons définir, je vous le confirme. C'est ce dont nous discutons avec les organisations syndicales".

"Ces gestes, nos collègues, ils n'en veulent pas, ils ne veulent pas un saupoudrage (...) Nos collègues n'en peuvent plus, nous sommes en sous-effectifs. Il y a le principe de réalité. Il faut que le gouvernement comprenne que la police n'est pas bien. Certains de nos collègues ont dû fabriquer leur bouclier pour aller dans les manifestations. Il faut un plan d'urgence par rapport à la situation actuelle et qui soit discuté à l'Assemblée nationale", a fait savoir sur BFMTV Frédéric Lagache, du syndicat Alliance. Les négociations doivent reprendre place Beauvau, selon nos informations, à partir de 17h30. 

Justine Chevalier