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Besançon: un médecin anesthésiste suspecté de sept empoisonnements, dont deux mortels

Un anesthésiste prépare une intervention chirurgicale à Angers, octobre 2013. (Illustration)

Un anesthésiste prépare une intervention chirurgicale à Angers, octobre 2013. (Illustration) - - Jean-Sébastien Evrard - AFP

Un anesthésiste qui exerçait à Besançon est soupçonné d'avoir empoisonné sept patients, dont deux mortellement. Il nie ces accusations.

Un médecin anesthésiste soupçonné d'avoir volontairement empoisonné sept patients entre 2008 et 2017, dont deux mortellement, a été mis en examen lundi à Besançon, a-t-on appris de source judiciaire. Cet homme de 45 ans a été mis en examen pour "empoisonnements avec préméditation" sur sept patients âgés de 37 à 53 ans, opérés dans deux cliniques de Besançon, a indiqué la vice-procureure de Besançon Christine De Curraize.

Le praticien a été placé sous contrôle judiciaire dans la nuit de lundi à mardi, avec interdiction d'exercer sa profession et l'obligation de verser une caution de 60.000 euros, a confirmé son avocat, Me Randall Schwerdorffer.

"Mon client conteste fondamentalement tout empoisonnement que ce soit. Il dit passer sa vie à réanimer les gens, pas à les tuer. Il est dans l'incompréhension totale des accusations portées à son encontre", affirme l'avocat.

Selon l'enquête en cours, les sept victimes présumées - quatre femmes et trois hommes - ont reçu au cours de leurs opérations des "doses létales de substances" -dont la nature n'a pas été précisée- qui ont provoqué un arrêt cardiaque, a précisé Christine De Curraize.

Deux d'entre elles n'ont pas pu être réanimées: un homme de 53 ans décédé en 2008 pendant une opération des reins, et une femme de 51 ans décédée en 2016 au cours d'une opération pour une fracture.

La défense nie en bloc, parle d'"accusation ahurissante"

Ces empoisonnements présumés ont touché des patients "qui n'avaient pas de prédispositions particulières", a ajouté la magistrate. Ils se sont déroulés entre 2008 et janvier 2017 lors d'opérations à la Clinique Saint-Vincent de Besançon, où exerçait jusqu'à présent le praticien, et à la Polyclinique de Franche-Comté.

Ce médecin est reconnu dans le milieu médical bisontin pour ses qualités professionnelles, notamment techniques.

"C'est un professionnel 'archireconnu', de grande qualité, qui pratique 2.000 anesthésies par an, et dont le métier est plus qu'un métier, c'est une passion", souligne Me Schwerdorffer qui dénonce une "accusation ahurissante et fragile".

D'après les investigations de la police judiciaire, "nous avons des indices graves et concordants" qui permettent de "présupposer l'administration volontaire de substances mortelles, il s'agit de faits gravissimes", a dit la vice-procureure. "L'enquête se poursuit pour établir les faits", a noté la magistrate qui avait requis le placement en détention provisoire de l'anesthésiste.

Une première information judiciaire avait été ouverte pour "homicide involontaire" afin de comprendre le premier décès, puis l'Agence régionale de santé avait signalé d'autres faits suspects, entraînant l'ouverture une nouvelle instruction en 2017. Le crime d'empoisonnement avec préméditation est passible de la réclusion criminelle à perpétuité.

D. N. avec AFP