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Agression de Clément Méric: le point sur l'affaire

C'est dans le IXe arrondissement que Clément Méric a trouvé la mort.

C'est dans le IXe arrondissement que Clément Méric a trouvé la mort. - -

Au lendemain de la violente agression qui a coûté la vie à l'étudiant de 18 ans, militant d'extrême gauche, BFMTV.com fait le point sur les dernières informations.

Mercredi 5 juin, une violente altercation entre un groupe de militants d'extrême-gauche et un groupe de skinheads a laissé "en état de mort cérébrale" Clément Méric, étudiant de 18 ans, scolarisé à Sciences Po. Sa mort a été confirmée dans l'après-midi par une source policière.

Dans le même temps, plusieurs personnes ont été interpellées et l'affaire a suscité de nombreuses réactions politiques alors que s'organisaient, un peu partout en France, des rassemblements en hommage à Clément.

> Sept personnes en garde à vue

Jeudi après-midi, Manuel Valls a rapidement annoncé l'interpellation de quatre personnes à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Elles ont été rejointes en garde à vue par trois autres personnes qui se sont rendues d'elles-mêmes à la police.

Ces sept suspects, dont une femme, appartiennent à la mouvance de la droite la plus extrême. Selon une source policière, plusieurs sont proches du groupuscule des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) et du mouvement affilié de la Troisième Voie. Ce qu'a réfuté Serge Ayoub, leader des JNR.

Parmi les gardés à vue, l'auteur présumé du coup mortel, âgé d'une vingtaine d'années. Il aurait été "interpellé à partir d'écoutes téléphoniques et sur la base des descriptions des témoins oculaires entendus depuis jeudi matin à la 1re DPJ", affirme LePoint.fr. Selon une source policière, il a indiqué ne pas avoir eu l'intention de tuer.

> Des zones d'ombre

Les 48 heures de garde à vue et l'enquête de la police judiciaire parisienne doivent permettre de faire la lumière sur les circonstances exactes de la bagarre survenue dans le IXe arrondissement de Paris entre les deux groupes, à la sortie d'une vente privée de vêtements. Selon plusieurs témoins, une première altercation verbale a eu lieu avant la bagarre qui a coûté la vie à l'étudiant.

L'Action Antifasciste Paris Banlieue, à laquelle appartenait Clément Méric, a affirmé que des militants d'extrême droite "armés" avaient "identifié" la victime et ses amis "en tant que militants antifascistes". "Des invectives partent. Une agression mortelle s'ensuit, Clément tombe sous les coups", a ajouté le mouvement dans un communiqué.

Serge Ayoub, leader des JNR, a pour sa part affirmé que la bagarre a été déclenchée par des provocations de la part des militants d'extrême gauche. Une version que semble soutenir un témoin du début de l'altercation.

L'enquête devra également faire la lumière sur la présence ou non d'un poing américain, ce qui pourrait avoir un impact sur les qualifications pénales retenues à l'encontre des suspects.

> Des manifestations dans toute la France

Un premier rassemblement a eu lieu dans le IXe arrondissement, sur les lieux du drame, en fin d'après-midi. Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate UMP à la mairie de Paris, s'est rendue sur place. Elle a été huée par les militants d'extrême gauche et les amis de Clément Méric qui s'étaient réunis.

Dans la soirée, plus d'une soixantaine de rassemblements ont eu lieu en hommage à la victime, en province comme à Brest d'où était originaire le jeune homme.

A Paris, des milliers de personnes se sont donné rendez-vous place St Michel. Sur place, se trouvaient également des responsables politiques comme la communiste Marie-George Buffet, la socialiste Anne Hidalgo ou le coprésident du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon. Les participants à cet hommage ont dénoncé la "récupération politique" de l'affaire et demandé la "dissolution" des groupuscules d'extrême droite.

> Dissolution des groupes: la solution?

En milieu d'après-midi, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a déclaré, à l'Assemblée nationale, qu'il entendait "tailler en pièces", "de façon démocratique, sur la base du droit, ces mouvements d'inspiration fasciste et nazie qui font du tort à la République", désignant les groupuscules d'extrême droite dont feraient partie les personnes interpellées.

Une proposition partagée par Jean-François Copé, président de l'UMP, qui souhaite néanmoins que la dissolution concerne à la fois les groupuscules d'extrême droite et d'extrême gauche.

Invité du JT de 20 heures ce jeudi soir, Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, a indiqué que le gouvernement "fera tout pour dissoudre" les groupuscules d'extrême droite. Il a néanmoins ajouté, en réponse à Jean-François Copé, qu'il ne fallait pas confondre ceux qui "portent un discours de haine" et "ceux qui, d'une manière ou d'une autre, luttent contre le fascisme".

Mais si la dissolution d'associations ou même de "groupements de fait" est possible, elle reste risquée et peut se révéler contre-productive, selon les spécialistes.

V.D. avec AFP