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Affaire Grégory: les gendarmes scandalisés par le livre de Murielle Bolle

Etienne Sesmat a été l'un des premiers gendarmes à enquêter sur la mort de Grégory Villemin.

Etienne Sesmat a été l'un des premiers gendarmes à enquêter sur la mort de Grégory Villemin. - Capture BFMTV

Dans son livre, Briser le silence, Murielle Bolle, personnage clé de l'affaire Grégory, met en cause les gendarmes: elle les accuse de l'avoir influencée à l'époque de l'enquête, lors de ses aveux. Une version largement contredite par l'un des premiers gendarmes à avoir enquêté sur ce dossier.

"C’est les gendarmes qui posaient les questions et qui donnaient les réponses." Les accusations passent mal du côté des forces de l'ordre. Dans son livre, Briser le silence, Murielle Bolle raconte sa garde à vue de 1984: selon elle, les gendarmes de Bruyères ont à l'époque fait pression sur elle, allant jusqu'à la menacer pour qu'elle mette en cause son beau-frère, Bernard Laroche, dans l'enlèvement du petit Grégory. Trois jours plus tard, Murielle Bolle avait changé de version.

Des propos que les enquêteurs de l'époque qualifient aujourd'hui d'"insupportables" et d'"inacceptables". "Sortir de ce silence pour sortir autant de calomnies, de mensonges, ça ne sert, contrairement à ce qu’elle dit, ni la vérité, ni la justice", s'insurge sur notre antenne Etienne Sesmat, l'un des premiers gendarmes à avoir enquêté sur le meurtre de Grégory Villemin.

Dans une interview à BFMTV, Murielle Bolle affirme: "Les gendarmes m’ont menacée d’une maison de correction si je continuais à mentir (...). Il y en a un qui est rentré, il a tapé du poing sur la table en disant que j’étais la maîtresse de Bernard, que je couchais avec Bernard."

Non-lieu en faveur de la justice

Le capitaine Etienne Sesmat dirigeait l'enquête en 1984. Tout ce que dit Murielle Bolle provoque sa colère. "Elle oublie de dire dans son livre qu’il y a eu une plainte déposée contre nous en janvier 1985, non pas simplement pour usage de faux mais pour subornation de témoin, précise le retraité. C’était une accusation extrêmement grave." Or, après enquête, la justice avait prononcé un non-lieu en faveur des gendarmes. "Nous ne nous sommes pas comportés comme les salauds qu’elle décrit, pas plus hier qu’aujourd’hui", poursuit Etienne Sesmat.

Le gendarme continue de penser que Murielle Bolle a changé de version sous la pression de sa famille, comme l'affirme notamment un de ses cousins, qui récemment a apporté son témoignage à la justice. "Si ses aveux avaient été secs, s’il n’y avait rien d’autre autour, on aurait été embêté, insiste le retraité de la gendarmerie. Mais il n’y a pas moins d’une vingtaine de personnes qui ont apporté des témoignages venant préciser qu’elle nous avait dit la vérité au moment de sa garde à vue à Bruyères."

"Ce livre est absolument scandaleux", conclut-il.

Justine Chevalier avec Jean-Vincent Molinier