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Affaire Adama Traoré: les avocats d'un gendarme dénoncent "amalgames" et "contre-vérités"

Les avocats assurent qu'"aucun plaquage ventral n'a jamais été pratiqué" sur le jeune homme, mort en 2016 à la suite d'une interpellation dans le Val-d'Oise.

Les avocats d'un des trois gendarmes mis en cause dans la mort d'Adama Traoré ont dénoncé ce mardi dans un communiqué les "contre-vérités (...) sciemment disséminées depuis 4 ans", revendiquant de "rétablir les faits" dans cette affaire érigée en symbole des violences policières.

"Depuis 4 ans, la famille d'Adama Traoré a fixé le postulat selon lequel les gendarmes étaient responsables" de sa mort et "les moyens pour parvenir à faire partager ce mensonge sont sans limites, jusqu'à lyncher sur les réseaux sociaux les acteurs judiciaires, qu'ils soient enquêteurs, juges, experts ou encore avocats", écrivent Me Pascal Rouiller et Sandra Chirac Kollarik.

"Aucun plaquage ventral n'a jamais été pratiqué sur Adama Traoré", "à aucun moment les trois gendarmes n'ont fait peser le poids de leurs corps", soulignent les avocats. 

Expertises et contre-expertises

Dans une première audition, le chef d'équipe avait déclaré: "Il a pris le poids de notre corps à tous les trois" le temps du menottage. Avant de revenir sur ses déclarations.

Le 19 juillet 2016, Adama Traoré, jeune homme noir de 24 ans, était décédé sur le sol de la gendarmerie de Persan (Val-d'Oise), deux heures après son arrestation dans la maison d'une connaissance chez qui il s'était caché au terme d'une course-poursuite, un jour de canicule.

Ce qui s'est passé à l'intérieur n'est connu que par les dépositions des trois gendarmes. Des expertises médicales ont depuis été réalisées pour déterminer les causes de la mort.

Celles ordonnées par la justice, une dizaine, exonèrent les forces de l'ordre, attribuant la mort d'Adama Traoré à une asphyxie liée à son état de santé, après un épisode de stress et d'effort. Mais deux rapports commandés par la famille contestent leurs conclusions.

"Le refus de toute vérité incontestable"

"Les deux avis médicaux produits par les parties civiles, pour tenter de contester les seules expertises judiciaires indépendantes, signent le refus de toute vérité incontestable", affirment les avocats.

Ils dénoncent un premier avis "obtenu dans des conditions ignorées" et qui a attribué la fracture d'une côte à l'interpellation des gendarmes alors qu'elle serait due au massage cardiaque des pompiers.

"Quant au second avis, signé de l'un de ceux ayant contribué au premier, l'on ne peut que s'interroger sur les circonstances de son obtention et de sa diffusion", quatre jours après la révélation de l'ultime expertise judiciaire et peu avant une manifestation de 20.000 personnes devant le tribunal de Paris à l'appel du comité Adama.

"Un médecin non spécialiste de médecine légale a donc accepté, en urgence, de s'exprimer sur une affaire aussi grave, pour laquelle les experts judiciaires avaient travaillé pendant de longs mois avant de rendre des rapports circonstanciés et incontestables sur le terrain scientifique… et cela en à peine 72 heures !", s'interrogent les conseils.

F.B. avec AFP