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"Le Grand Journal": pour Maïtena Biraben, le FN tient "un discours de vérité"

La présentatrice de l'émission phare de Canal + a affirmé que le Front national était "le premier parti de France", alors qu'elle interviewait Me Eric Dupond-Moretti.

"Les Français se reconnaissent dans ce discours de vérité qui est tenu par le Front national". C'est l'une des phrases lâchées jeudi soir par la journaliste Maïtena Biraben, aux commandes du Grand Journal de Canal+ depuis la rentrée. "Les propos de la vérité sont souvent tenus et incarnés par le Front national aujourd'hui, rarement par le Parti socialiste, très rarement par les partis classiques", a encore asséné la présentatrice. 

Dans un échange très rapide de questions, et sans préciser sur quels thèmes le FN tient selon elle ces "propos de la vérité", elle reprend également à son compte une assertion régulièrement avancée par les frontistes, affirmant que le parti de Marine Le Pen est "le premier parti de France".

En réalité, comme le rappelle L'Express, le FN n'a remporté aucun département lors des dernières élections, même s'il était le premier en nombre de voix, et le PS et Les Républicains comptent bien plus d'adhérents que l'extrême droite, respectivement 130.000 et 180.000 contre 50.000.

Une séquence "glaçante"?

Ce moment cathodique déroutant s'est déroulé alors qu'elle interrogeait l'avocat Me Eric Dupond-Moretti sur le "politiquement correct". Provocation ou dérapage? La journaliste ne s'en est pas expliquée pour le moment.

Sur les réseaux sociaux, des téléspectateurs ont immédiatement réagi à la séquence, certains dénonçant une course à l'audience, alors que les résultats sont en chute libre depuis la rentrée.

Sur BFMTV, Philippe Gildas, ancien présentateur de Nulle Part Ailleurs, l'ancêtre du Grand journal, a lui aussi commenté les propos de Maïtena Biraben. "Le gros avantage que j'ai eu, c'est que j'avais une longue carrière de journaliste, j'avais été rédacteur en chef, j'avais été présentateur du JT 35 ans plus tôt à la télé et je savais très bien diriger des équipes et faire en sorte qu'on ne dise pas trop de conneries. Après, il faut qu'elle apprenne."

A revoir à partir de la 18ème minute:

Alexandra Gonzalez