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Jean-Jacques Goldman: "Au bout de ses rêves", le portrait d'un homme discret

Jean-Jacques Goldman en 1987.

Jean-Jacques Goldman en 1987. - Georges Bendrihem - AFP

France 3 diffuse ce lundi soir un documentaire sur Jean-Jacques Goldman, artiste ultra-discret. Un portrait en 30 chansons, émaillé de témoignages de producteurs, biographe, et artistes qui le côtoient.

C'est l'artiste le plus discret du showbiz. Et la personnalité préférée des Français. Aucun faux-pas, aucune faute de goût ne vient entacher la longue carrière de Jean-Jacques Goldman, à qui Stéphane Benhamou et Laurent Rousseau ont consacré un documentaire diffusé ce lundi soir sur France 3.

L'émission dessine en filigrane un portrait de l'artiste qui a marqué la chanson française de ces trente dernières années, à travers trente de ses morceaux.

Patricia Kaas, Céline Dion ou Johnny Hallyday

"Quand il s'excuse de ne pas souhaiter répondre aux interviews, Jean-Jacques Goldman répète à qui veut l'entendre que tout est là, dans ses chansons", explique la voix off du documentaire.

Celui qui chantait J'irai au bout de mes rêves, et qui mène aujourd'hui à Marseille une vie "normale", loin des projecteurs, a même hésité à choisir la route de la célébrité. Le jeune Goldman déclarait ainsi en 1984 aux Enfants du rock: "Quand j'ai vu ce qui se passait, comment ça démarrait, avec les histoires de hit parade, d'autographes, d'interviews, etc., toute cette espèce de foire, je me suis posé la question s'il fallait pas arrêter. Et ensuite, je me suis dit, 'Mais de quel droit, moi, je me pose des questions sur une situation à laquelle tout le monde rêve'. (...) Alors j'ai foncé". 

Ce reportage, sans Goldman donc, compile de nombreux extraits des chansons de l'artiste, images d'archives, concerts, mais aussi des témoignages. Producteurs, interprètes - Patricia Kaas, Céline Dion ou Johnny Hallyday -, Didier Varrod, son biographe, ou encore Maxime Le Forestier, racontent l'artiste. Tous évoquent son désintérêt total pour les biens matériels, ses débuts difficiles - un journaliste l'avait ainsi qualifié de "BHL de la ritournelle"-, son positionnement compliqué entre rock et ballades.

Je te donne, Pas toi, Puisque tu pars, Comme toi, autant de titres dont l'évocation fera frétiller les fans des années 80 et dont on appréhende ici le sens et l'histoire. Des chansons que l'on découvre en phase avec leur temps, avec des paroles plus profondes qu'il n'y paraît de prime abord.

> Comme toi

"Elle s'appelait Sarah, elle n'avait pas huit ans"... en 1982, Jean-Jacques Goldman écrit Comme toi, l'histoire d'une petite fille déportée pendant la Seconde Guerre Mondiale, après avoir découvert une photo d'une petite cousine dans un album de famille. C'est lui qui joue du violon sur le morceau.

> Je te donne

En 1985, il enregistre Je te donne, avec Michael Jones, devenu son ami. Une chanson en français et en anglais, sur le thème de la différence. Diffusée dans les boums de l'époque, elle est aussi reprise dans les manifestations. Un tout jeune Laurent Joffrin décrypte dans l'émission Apostrophes en 1987, le phénomène Goldman, un phénomène générationnel, et la chanson en question.

"Quand on écoute bien les chansons de Goldman, évidemment c'est de la distraction sans prétention, mais il y a un contenu qui est très précis. La chanson Je te donne et L'Aziza, de Daniel Balavoine, [ont été] portées en tête du hit parade, pendant des semaines et des semaines par cette génération, au moment exact où il y avait une montée très forte du Front national. (...) J'y ai vu, a posteriori, un geste politique", analyse-t-il.

> Puisque tu pars

Sortie en 1987, Puisque tu pars, n'a pas été écrite pour un proche, comme le raconte Goldman en 2002 dans Un tour ensemble, mais pour le public. "A la fin de mes concerts, les gens chantaient Ce n'est qu'un au revoir, une fois que c'était rallumé, et je trouvais cette chanson très moche. Et donc je me suis dit que j'aimerais bien faire une chanson qu'on puisse chanter sur le départ (...), qui dise que ce n'est pas forcément triste, le fait de se séparer. (...) Elle n'est pas liée à une disparition personnelle". Certains ont effet pensé qu'elle était un hommage à son demi-frère, Pierre Goldman, activiste d'extrême gauche et braqueur, assassiné en 1979. Maxime Le Forestier, en revanche, a écrit une chanson pour lui.

> Il me dit que je suis belle

Cette chanson a été composée incognito. Il me dit que je suis belle, un des titres les plus célèbres de Patricia Kaas, en 1992, est bien de Jean-Jacques Goldman, mais elle est signée Sam Brewski. Il ne l'a pas signée de son nom pour ne pas faire d'ombre à la jeune chanteuse, encore peu connue à l'époque.

> La chanson des Restos

Coluche lui avait demandé pour les Restos du Coeur "un truc qui cartonne, toi tu sais faire". La chanson est toujours l'hymne des Restos, et Jean-Jacques Goldman est toujours l'un des piliers de l'association, ne sortant justement de sa réserve qu'à l'occasion des concerts des Enfoirés.

Jean-Jacques Goldman, Au bout de ses rêves est diffusé lundi 23 février sur France 3 à 20h50

M. R.