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À l'Odéon, pas de représentation de La ménagerie de verre tant que dure l'occupation

Des musiciens donnent un concert classique devant le théâtre de l'Odéon occupé à Paris, le 27 mars 2021

Des musiciens donnent un concert classique devant le théâtre de l'Odéon occupé à Paris, le 27 mars 2021 - STEPHANE DE SAKUTIN © 2019 AFP

Des intermittents du spectacle et précaires occupent les lieux depuis mars pour réclamer une deuxième année blanche en raison de la crise sanitaire.

Le Théâtre de l'Odéon, occupé par des intermittents depuis mars, a annoncé mardi qu'il annulait ses représentations prévues à partir de mercredi dans le cadre de la réouverture des lieux culturels, tant que cette occupation se poursuivait.

"Je prends acte du fait que les conditions ne sont pas réunies pour que la vie du théâtre reprenne avec sérénité, tant pour son personnel que pour le public et les artistes", a indiqué dans un communiqué Stéphane Braunschweig, directeur de l'Odéon. "Je me résigne donc avec une tristesse immense à annuler les représentations de La Ménagerie de verre tant que l'occupation se poursuit", a-t-il indiqué.

Ce chef-d'oeuvre de Tennessee Williams, mise en scène par Ivo van Hove, devait reprendre mercredi avec notamment Isabelle Huppert. Soutenus par la CGT, des intermittents du spectacle et précaires occupent les lieux 24h sur 24 pour réclamer une deuxième année blanche en raison de la crise sanitaire et le retrait de la réforme de l'assurance chômage qui entre en vigueur en juillet.

"On ne peut pas lâcher l'occupation de nuit"

Après l'annonce de la réouverture des lieux culturels le 19 mai, le directeur de l'Odéon ainsi que trois autres théâtres ont appelé à la levée de l'occupation pour que l'activité puisse reprendre. "J'ai alors dialogué longuement avec les occupants pour trouver des solutions qui garantissent à tous (...) des conditions sanitaires et de sécurité irréprochables", a indiqué Stéphane Braunschweig.

"J'ai entre autres proposé une occupation diurne, qui leur permette de continuer à porter leurs revendications tout en tenant compte du fait que la co-présence du public et la leur dans les mêmes espaces n'était pas envisageable, pour des raisons sanitaires liées à la pandémie", a-t-il expliqué, soulignant que cette proposition a été rejetée.

"On ne peut pas lâcher l'occupation de nuit parce qu'on sait que si on s'absente, on ne pourra pas revenir le lendemain matin", a justifié Denis Gravouil, secrétaire général de la CGT spectacle interrogé par l'AFP. "La (répétition) générale s'est particulièrement bien passée cet après-midi: il n'y a pas de problème à tenir le spectacle pour nous", a-t-il encore estimé.

"Nous disons à la direction que le spectacle doit se tenir demain (...) et qu'il faut qu'on finisse de trouver un accord sur l'occupation de nuit", pour laquelle le syndicat propose de "limiter fortement le nombre de personnes".

Spécificité française, le régime des intermittents concerne 120.000 artistes et techniciens indemnisés chaque année avec comme condition d'avoir travaillé 507 heures sur 12 mois. Emmanuel Macron leur a accordé une année blanche qui expire en août et qui a été récemment prolongée de quatre mois.

J.L. avec AFP