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Renaud dans sa chronique pour Charlie Hebdo: "Même pas peur!"

Renaud, place de la République, le 7 janvier 2016, rend hommage aux victimes des attentats du 13 novembre.

Renaud, place de la République, le 7 janvier 2016, rend hommage aux victimes des attentats du 13 novembre. - Kenzo Tribouillard - AFP

Dans sa chronique bimensuelle pour Charlie Hebdo - à paraître demain - l'artiste justifie son retour, vingt ans après ses premiers écrits dans le journal satirique

Les lecteurs de Charlie Hebdo retrouveront, mercredi 2 mars, une plume bien connue dans leur journal: celle de l'artiste Renaud. La semaine dernière, le chanteur avait annoncé qu'il comptait réécrire deux fois par mois pour le journal satirique. Un exercice auquel il s'était déjà prêté il y a vingt ans.

"Ça va faire plaisir à d’aucuns (nombreux j’espère), ça va valoir à Charlie quelques ventes et (ou) quelques abonnements en plus (j’espère aussi), et pis surtout ça va en énerver plus d’un, ce qui me met en joie", attaque Renaud, provocateur, dans sa chronique de demain. Le ton est donné.

Le retour du provocateur 

Le chanteur de Toujours debout explique son retour dans les colonnes de Charlie Hebdo, guidé par "les simples désir et plaisir d’écrire" et pour "offrir deux colonnes de bonheur, de colères, d’émotions, de douleurs qui habitent ma triste vie de saltimbanque enroué (pas si triste que ça, ces temps-ci)".

Renaud précise par ailleurs que son idée n'a pas fait l'unanimité au sein même de son entourage: "'C’est plus ce que c’était', 'Ta vie sera un enfer!', 'Tu vas être obligé de te cogner des flics en permanence pour ta sécu!', voire 'Tu pars en tournée bientôt, tu risques (ainsi que ton public) de voir tes concerts perturbés, et même annulés pour cause d’alertes à la bombe', etc.", a-t-il entendu. "Même pas peur!", rétorque alors le chanteur.

L'artiste rend également hommage aux victimes de Charlie Hebdo: "Je suis resté en 1992 où Charlie valait 10 balles alors que de nos jours il en vaut autant, mais ce sont des balles de kalachnikov – ce ne sont pas les 12 victimes de janvier qui me contrediront…".

Renaud lira "bientôt" le Coran 

De manière assez décousue, Renaud évoque son quotidien, son appartement parisien, son dernier achat sur internet, puis son fils, Malone, 10 ans, qui lui a "foutu une branlée au Scrabble. Je n’en reviens pas de son intelligence hors normes et de sa culture très cultivée comme son père, mais j’ai 54 ans de plus que lui et j’ai lu tous les livres. (À l’exception du Coran, mais je m’y mets bientôt…)", assure-t-il.

"Voilà, je m’étais promis de vous tenir une chronique 'politique' (mais vous en faites de très jolies sans moi, chers collègues de Charlie) ou une chronique comme naguère sur ma vie quotidienne qui est tout sauf banale. (Je les fais très bien aussi…)", conclut l'artiste avant d'annoncer le chapitre de sa prochaine chronique: "'le peuple corse' et particulièrement un prisonnier corse otage de la raison d’État, j’ai nommé Yvan Colonna".

Le chanteur, qui reste l'une des personnalités préférées des Français et prépare un retour très attendu en musique après des années d'absence, partage une longue histoire d'amitié avec Charlie Hebdo, un journal qu'il défendait déjà dans les années 80. En 1992, il avait investi personnellement pour aider à financer sa relance, aux côtés de Cabu, Gébé et Philippe Val.

Renaud était aussi resté très ami avec de nombreux membres de la rédaction. Le mois dernier, pour la commémoration de l'attentat du 7 janvier 2015, il s'était rendu place de la République en hommage aux victimes, sa première apparition publique depuis des années.

Romain iriarte