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Festivals de musique: les Eurockéennes et Art Rock annulés, incertitude pour Les Vieilles Charrues

Le festival Glastonbury en 2019

Le festival Glastonbury en 2019 - Oli SCARFF - AFP

Menacés par la stratégie pour lutter contre le coronavirus, les festivals de musique sont contraints les uns après les autres de renoncer à leur édition 2020.

Emmanuel Macron a annoncé lundi soir que les festivals ne pourraient pas se tenir avant, au moins, la mi-juillet. Alors qu'Avignon a annulé dans la foulée et que les grands rendez-vous culturels de l'été, à commencer par Cannes, sont plus que jamais menacés par la stratégie pour lutter contre le coronavirus, les festivals de musique renoncent un par un à leur édition 2020. 

Les Eurockéénnes de Belfort (2-5 juillet) ont ouvert le bal, rapporte France Bleu Belfort-Montbelliard. "Je suis triste pour l'ensemble de l'organisation, toutes ces personnes qui depuis un an, préparent l'édition 2020, avec une superbe programmation, je suis triste aussi pour toutes celles et tous ceux qui étaient impatients de pouvoir venir faire la fête aux Eurockéennes, tous les spectateurs qui vont devoir patienter jusqu'en 2021", a déclaré Cédric Perrin, sénateur Les Républicains de Belfort et vice-président de Territoire de musiques, l'association organisatrice des Eurockéennes.

Le festival Art Rock (29-31 mai), organisé chaque année à Saint-Brieuc (Bretagne), a suivi le pas: "On a connu de meilleures nouvelles mais on y était préparé depuis plusieurs semaines. Cela reste un coup dur", a indiqué au Télégramme Carol Meyer, la directrice de la manifestation. "Comme on a un peu de trésorerie, je pense qu’on arrivera à sortir la tête de l’eau pour cette année, mais je suis plus inquiète pour l’édition 2021." Le Main Square festival d'Arras 2020 (3-5 juillet) est lui aussi annulé et repoussé d'un an aux 2, 3 et 4 juillet 2021.

"Si je suis obligé d'annuler au dernier moment, c'est la mort des Vieilles Charrues"

Le festival des Vieilles Charrues (16-19 juillet) est quant à lui dans l'incertitude. Avec une interdiction des festivals jusqu'à mi-juillet, ses organisateurs se retrouvent dans une zone grise inconfortable: "Mi-juillet, c'est le 15. Nous, nous commençons le 16. Ça veut dire que 24 heures après, on estime que l'on peut accueillir 70.000 personnes par jour?", s'interroge Jérôme Tréhorel, patron des Vielles Charrues, auprès du Parisien.

"Et en plus, avant cela, il y a toute la préparation, le montage du site", ajoute-t-il. "Deux mille personnes vont travailler sur place les derniers jours avant l'ouverture… alors que les rassemblements seront encore interdits. C'est absurde. On me demande ce que je vais faire. Je n'en sais rien. Une chose est sûre. Si je suis obligé d'annuler au dernier moment, c'est la mort des Vieilles Charrues."

Le Printemps de Bourges, qui devait se tenir fin avril, puis le Hellfest (juin), le Lollapalooza (juillet) et Solidays (juin) avaient choisi au cours de ces dernières semaines d'annuler leur édition 2020. We Love Green (6-7 juin) réfléchissait également à une solution de repli le week-end dernier. Les Francofolies ne pourront pas avoir lieu comme prévu du 10 au 14 juillet, mais ses organisateurs n'ont pas encore annoncé leur stratégie. Idem pour Rock en Seine, qui a un peu plus de marge avec ses dates (29 août-1er septembre). 

Alors que la situation s'annonce dramatique pour le monde de la culture, Franck Riester a assuré lundi sur Twitter que le ministère de la Culture sera "aux côtés de tous les acteurs culturels et [mettra] en place un plan spécifique annoncé par Emmanuel Macron": "la mobilisation du ministère de la Culture ne faiblira pas."

Jérôme Lachasse avec AFP