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Depardieu se confie: l'alcool, "j'ai arrêté depuis cinq mois"

Gérard Depardieu, le 1er novembre 2013.

Gérard Depardieu, le 1er novembre 2013. - -

L'acteur campe le rôle principal du film "Welcome to New York", librement inspiré de l'affaire du Sofitel, qui sortira en vidéo à la demande sur Internet, le 17 mai prochain.

C'est pour raconter "la tragédie d'un homme au faîte de la puissance" que Gérard Depardieu confie avoir accepté le rôle principal dans le film Welcome to New York, librement inspiré de l'affaire DSK au Sofitel. Dans un entretien à paraître mercredi dans Télérama, l'acteur raconte ainsi ne pas s'être "précipité" dans le film "avec gourmandise. J'étais quand même un peu dégoûté". "Mais ce n'est pas mon genre non plus de jouer les redresseurs de torts".

Le film sulfureux signé Abel Ferrara sortira le 17 mai, en vidéo à la demande sur Internet. L'affiche montre l'acteur de dos, les mains menottées. "C'est surtout ce qu'il y a derrière l'affaire qui m'a intéressé: la tragédie d'un homme au faîte de la puissance et piégé par ses pulsions, parce que ne les remettant jamais en question, trop sûr de lui", dit-il.

L'acteur explique n'avoir revisionné aucune des images de DSK, et n'avoir rien lu, "sauf le descriptif qu'a fait le FBI des événements". "Le reste, de ses explications avec Claire Chazal à celles, plus récentes, d'Anne Sinclair avec Laurent Delahousse, m'a semblé truqué jusqu'à l'obscène", estime-t-il. "De toute façon, on est souvent meilleur dans les rôles qu'on n'aime pas. On n'y est pas piégé par l'affect", poursuit Depardieu qui voulait aussi "montrer le drame d'être traqué puis inculpé. Qui qu'on soit".

"Le cinéma français est dirigé par des énarques"

Depardieu profite de cet entretien pour fustiger le cinéma français et les films qu'il voit ou ceux qui le font, estimant que "le cinéma français est dirigé par des HEC ou des énarques qui ont oublié le sens du récit". Il annonce cependant qu'il sera du prochain Abdellatif Kechiche, "parce que c'est un passionné". Le réalisateur, qui avait reçu la Palme d'or l'année dernière à Cannes pour La vie d'Adèle, travaille actuellement à l'adaptation d'un livre de François Bégaudeau.

Gérard Depardieu évoque également ses propres problèmes avec l'alcool - "j'ai arrêté depuis cinq mois", de sa fascination pour l'argent - "parce que mes parents n'avaient rien", mais aussi du fisc. "Je ne tourne plus volontiers en France, où il y a bien trop de charges à payer", dit-il en avouant avoir "même préféré laisser" son cachet à sa partenaire de théâtre Anouk Aimée, récemment.

Revenant sur la polémique née après son exil fiscal, Gérard Depardieu raconte qu'il n'était pas là quand "la presse et certains petits chiens se sont déchaînés. Leur violence m'a surpris mais j'ai été flatté par le soutien des femmes que j'aime comme Catherine Deneuve". Ironie? L'actrice avait tout de même dit qu'il n'était "pas un exemple à suivre"... Enfin, à propos de Vladimir Poutine, la star estime qu'il n'est pas un dictateur. "Pour moi, ne sont vraiment dictateurs que ceux qui affament leur population, donc Poutine n'est pas un dictateur." La messe est dite.

A. G. avec AFP