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Seine-Saint-Denis: Gérald Darmanin demande la réouverture de la mosquée de Pantin

La Grande mosquée de Pantin (Seine-saint-Denis), le 20 octobre 2020,  fermée pour six mois

La Grande mosquée de Pantin (Seine-saint-Denis), le 20 octobre 2020, fermée pour six mois - Christophe ARCHAMBAULT © 2019 AFP

Cinq mois après la fermeture de la mosquée de Pantin, le recteur a décidé de démissionner pour permettre la réouverture anticipée du monument de culte.

Le recteur de la grande mosquée de Pantin (Seine-Saint-Denis) M'hammed Henniche a annoncé ce dimanche avoir démissionné afin de permettre la réouverture anticipée de la mosquée près de cinq mois après sa fermeture dans le sillage de l'assassinat du professeur Samuel Paty.

Samedi, "j'ai présenté ma démission au conseil d'administration de la mosquée qui a choisi un nouveau président M. Dramé Abderrahman", a déclaré à l'AFP M'hammed Henniche, à la tête de la Fédération musulmane de Pantin depuis 2013 et récemment réélu.

Cette mosquée d'environ 1.300 fidèles avait été fermée pour six mois le 21 octobre par le préfet, sur instruction du ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin, qui a réagi lundi soir sur Twitter. "Je demande au préfet de se mettre en rapport avec la nouvelle équipe pour envisager la réouverture de la mosquée dans les meilleurs délais", a indiqué le ministre.

Une fermeture en lien avec l'assassinat de Samuel Paty

En cause, le relais sur la page Facebook du lieu de culte de la vidéo d'un père d'élève, qui avait été à l'origine de l'engrenage ayant conduit à l'assassinat de Samuel Paty, et la présence d'un imam formé au Yémen et accusé par les autorités d'être "impliqué dans la mouvance islamiste".

Depuis cette sanction et l'échec de deux recours en justice, le ministre de l'Intérieur et le préfet de la Seine-Saint-Denis, Georges-François Leclerc, avaient conditionné toute réouverture anticipée de la mosquée, avant le début du ramadan (mi-avril), aux départs de M'hammed Henniche et de l'imam Ibrahim Doucouré pourtant déjà écarté.

Le préfet avait également retiré en novembre à l'association qui gère la mosquée son caractère cultuel, au motif que ses activités avaient "porté atteinte à l'ordre public", selon un courrier consulté par l'AFP.

"Sauver le bail emphytéotique"

Cette mesure a rendu caduque l'attribution par la ville de Pantin d'un bail emphytéotique pour la construction de la future grande mosquée, financée à hauteur de près de un million d'euros par des dons des fidèles.

M'hammed Henniche, qui a toujours nié les penchants islamistes que lui prêtent le gouvernement, s'est résolu à démissionner pour "sauver le bail emphytéotique de la nouvelle mosquée" et afin "que les fidèles puissent retrouver leur mosquée" dont la réouverture est programmée au 15 avril.

Musulman conservateur de 50 ans, M. Henniche, entrepreneur de profession, fut pendant une vingtaine d'années un interlocuteur privilégié des pouvoirs publics, y compris de Nicolas Sarkozy quand il était président.

Il garde ses fonctions de secrétaire général de l'Union des associations musulmanes de Seine-Saint-Denis (UAM 93).

A.F avec AFP