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Région Ile-de-France: les groupes communiste et Insoumis maintenus, les droits de l'opposition réduits

L'Hémicycle du Conseil régional d'Ile-de-France à Saint-Ouen.

L'Hémicycle du Conseil régional d'Ile-de-France à Saint-Ouen. - MARTIN BUREAU / AFP

Le débat était lancé depuis plusieurs semaines. La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse envisageait de modifier le règlement intérieur du conseil régional afin de conditionner la formation de groupes politiques à 10 élus minimum au lieu de 7 actuellement.

Soit deux groupes de gauche disparaissaient, soit le temps de parole était réduit. "La peste ou le choléra", soufflait-on chez les écologistes.

Finalement, les groupes d'opposition PCF et LFI au Conseil régional d'Ile-de-France, menacés de disparition par la majorité dirigée par Valérie Pécresse (LR), continueront à exister en échange d'une baisse de leur temps de parole, selon un compromis adopté ce mercredi.

Une proposition de modification du règlement intérieur, formulée par la majorité de droite et du centre, prévoyait de relever de 7 à 10 le nombre d'élus nécessaire pour constituer un groupe politique.

Son adoption aurait entraîné de facto la disparition des groupes communistes et Insoumis, composés respectivement de 7 et 8 membres.

Le seuil de 7 conseillers régionaux est finalement maintenu en échange d'une répartition des temps de parole en séance "à part égale 50/50 entre la majorité et l'opposition", selon l'amendement finalement adopté.

"Rééquilibrer le temps de parole"

Selon le texte, cette modification vise "à rééquilibrer le temps de parole entre majorité et opposition", alors que "dans les faits, c'est 75% du temps de parole dans cet hémicycle qui est accaparé par l'opposition", a affirmé Valérie Pécresse.

"Il n'y a pas d'autre région où les commissions permanentes durent quatre heures, où le (l'examen du) budget dure deux jours et deux nuits", s'est aussi justifiée l'ex-candidate LR à la présidentielle.

"Je ne laisserai pas bordéliser nos débats", a-t-elle aussi expliqué, invoquant des "incidents" provoqués selon elle par le groupe LFI en réunion des commissions thématiques.

L'accord trouvé est "un formidable cadeau qu'on fait à l'opposition: 50% du temps de parole, plus les explications de vote" d'une minute, a-t-elle estimé.

Les oppositions dénoncent "un chantage" et une "réduction des droits"

Cette opposition de gauche, qui dénonçait depuis plusieurs semaines une "attaque démocratique inouïe, inédite dans une région française", a fustigé un "chantage", selon l'élue EELV Ghislaine Senée, ou un "règlement de comptes collectif" selon l'élu PS Jonathan Kienzlen.

"Mis bout à bout, le temps de parole de l'exécutif, de la présidence de séance et de la majorité dépasse largement 50%", a souligné le conseiller régional LFI Vianney Orjebin.

Dans un communiqué, le groupe LFI-A a indiqué que "l'opposition frontale et résolue" à la politique "la gêne".

Les communistes ont voté le compromis, tout en déplorant dans un communiqué "une nouvelle réduction des droits de l'opposition".

Les écologistes évoquent des "méthodes indignes" de la part de Valérie Pécresse. "Nous ne pouvons pas accepter que les droits fondamentaux des élu.es soient encore bafoués et la démocratie dégradée", écrivent-ils.

Même l'opposant RN Wallerand de Saint-Just a dénoncé une "volonté de décapiter deux groupes" et le compromis qui va "diminuer nos temps d'expression".

Nicolas Dumas avec AFP