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"J'ai passé 5h à l'IGPN": le policier Tiktokeur participant aux "Princes de l'amour" dans le viseur de la préfecture

Le jeune homme fait l'objet de plusieurs enquêtes administratives pour ses vidéos et sa participation à l'émission de téléréalité. Il explique s'être mis en retrait des forces de l'ordre à cause de comportements racistes de certains de ses collègues.

Zoubir Bouzidi est dans le viseur de sa hiérarchie. En cause, des séquences à caractère humoristique postées sur le réseau social TikTok par le policier du 16e arrondissement et visionnées par des centaines de milliers de personnes.

Dans l'une d'elle, qui a particulièrement déplu à la préfecture de police, le Francilien énumère en tenue les "avantages" du métier en période de couvre-feu: "sortir sans attestation", "choper des Snaps et des numéros", etc. Mais ce n'est pas tout. Sa hiérarchie lui reproche également sa participation à l'émission de téléréalité Les princes et les princesses de l'amour, actuellement diffusées sur W9. Un programme tourné sans prévenir sa hiérarchie et enregistré alors qu'il était en arrêt maladie.

Le jeune homme de 25 ans fait l'objet de plusieurs enquêtes administratives. "J'ai passé cinq heures à l'IGPN", confirme l'Yvelinois, originaire de Sartrouville, au micro de BFM Paris. "Il y a eu des enquêteurs qui ne comprenaient pas forcément que j'emploie le mot 'wesh', qui ne conçoivent pas qu'un policier puissent écouter Jul ou danser sur des choses."

"En France, il y a des problèmes bien plus importants qu'un jeune qui fait des vidéos", souligne le fonctionnaire. S'il considère que se mettre en arrêt maladie pour dépression puis participer à une émission de téléréalité était "maladroit", Zoubir Bouzidi fait état de comportement condamnables qui l'ont amenés à se détacher de l'uniforme.

Un comportement "inacceptable" pour la préfecture

Il rembobine: "J'étais dans une situation assez délicate où ça n'allait plus du tout au travail, où je ne me reconnaissais plus dans le boulot". Et cite ce moment où des collègues lui affirment: "Tiens, on va contrôler tes semblables". "Des collègues étaient sur Facebook et mettaient régulièrement des publications à portée islamophobe, à portée raciste, poursuit l'intéressé. Je sais que ça a été vu comme une justification mais c'est des choses que j'ai vraiment vues."

Outre ses vidéos et sa participation aux Princes et princesses de l'amour, sa hiérarchie dénonce les accusations portées par le jeune policier contre l'institution, dont il avait déjà fait mention lors de son passage sur le plateau de Touche Pas Mon Poste, mardi soir.

"Ce policier reconnaît publiquement détourner la notion de congé maladie et justifie ce comportement inacceptable par des propos qui dénigrent l'institution à laquelle il appartient", a déclaré Laëtitia Vallar, porte-parole de la préfecture de police, dans une vidéo publiée quelques heures après.

Quels que soient les résultats des enquêtes administratives ouvertes à son encontre, Zoubir Bouzidi n'entend pas reporter l'uniforme de policier.

Dah Magassa, Narjisse Hadji avec Florian Bouhot