BFM Paris Île-de-France
Paris Île-de-France

Camp de consommateurs de crack: le maire de Pantin va saisir la Défenseure des droits

Une inscription "Crack Land" près d'un camp de fortune habité par des consommateurs de crack à la Porte de la Villette à Paris, le 24 janvier 2022

Une inscription "Crack Land" près d'un camp de fortune habité par des consommateurs de crack à la Porte de la Villette à Paris, le 24 janvier 2022 - GEOFFROY VAN DER HASSELT © 2019 AFP

Le 24 septembre prochain, le camp de consommateurs crack de la Porte de la Villette fêtera ses un an. Ce mercredi 21 septembre, Bertrand Kern, le maire de Pantin annonce vouloir saisir la Défenseure des droits.

"Depuis un an, c'est la peur, le sentiment d'insécurité et la dégradation des conditions dans mon quartier qui dictent mon quotidien". Ce mercredi 21 septembre, Bertrand Kern, le maire PS de Pantin, a annoncé sa volonté de saisir la Défenseure des droits, Claire Hédon, concernant le camp de consommateurs de crack de la Porte de la Villette.

Un an après son installation, l'élu dénonce les soucis d'insécurité constants qui gâchent la vie des habitants concernés, notamment ceux du quartier des Quatre-Chemins.

25.000 personnes concernées

"Oui, je vais saisir la Défenseure des Droits car ce qu'il se passe depuis un an ne peut plus durer. Ce camp de crack pose des problèmes de sécurité aux habitants de Pantin, d'Aubervilliers, mais aussi du 19e arrondissement", confirme Bertrand Kern auprès de BFMTV.com

"Il y a des gens qui ne veulent plus sortir de chez eux le soir, certaines femmes se font agresser. Ce n'est pas possible de vivre comme cela", ajoute l'élu.

Aujourd'hui, le problème concernerait 25.000 personnes, excédées par la situation. "On a des gens qui nous disent que les addicts au crack cassent les portes, urinent et défèquent dans les cages d'escaliers, volent et agressent", lance le maire.

Outre les habitants, les commerces sont également impactés par les dérives liées au crack. "Il y a un hypermarché qui a perdu 25 % de sa clientèle et qui paye plus cher ses vigiles que son loyer", souligne-t-il.

Selon lui, "il s'agit ici d'une atteinte aux droits et à la liberté des habitants et l'Etat n'agit pas". Il confie également avoir songé à attaquer l'Etat Français pour inaction, avant de se rétracter.

Sur sa page Facebook, Bertrand Kern appelle les habitants à se joindre à la manifestation prévue le 24 septembre prochain, date anniversaire de l'installation du camp de consommateurs de crack.

Une semaine pour constituer un dossier

Pour l'instant, les équipes municipales s'attellent à la distribution de lettres que les habitants pourront remplir et retourner à la mairie. "Nous nous laissons une semaine avant de collecter les lettres, et nous constituerons un dossier à destination de Claire Hédon", affirme le maire.

Avec cette saisine, l'élu PS espère que l'Etat prendra conscience des soucis qu'engendrent ce camp de consommateurs de crack situé "à deux pas des écoles et sous le regard des enfants".

Un rendez-vous avec le Préfet de Police en octobre

Ce n'est pas la première fois que l'élu et ses collègues des communes limitrophes, Karine Franclet, maire d'Aubervilliers et François Dagnaud, maire du 19e arrondissement, alertent les autorités compétentes sur le sujet. "Nous avons contacté le nouveau préfet de Police de Paris, Laurent Nunez et François Braun, le ministre de la Santé", affirme-t-il.

Une rencontre entre les élus locaux et le Préfet est prévue début octobre pour discuter des multiples problèmes que pose le camp, confirme Bertrand Kern à BFMTV.com.

Martin Regley