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Marseille: plus de vidéosurveillance pour lutter contre les règlements de comptes?

Pour les syndicats de police, les caméras de vidéoprotection permettent de réaliser énormément d'interpellations. Mais pour la mairie de Marseille, la présence de caméras est loin d'être une solution miracle.

Alors que les règlements de comptes se multiplient à Marseille ces dernières semaines, la question de la vidéosurveillance revient sur le devant de la scène. Selon le ministre de l'Intérieur, interrogé sur France info, "Marseille est une des villes où il y a le moins de caméras de vidéoprotection".

"Dans les quartiers nord, où je vais tous les deux mois depuis que je suis ministre de l'Intérieur, il n'y a quasiment pas de caméra", affirme Gérald Darmanin.

Un outil "intéressant" pour les syndicats de police

D'après le site de la mairie, la cité phocéenne compte près de 1600 caméras de vidéoprotection qui sont réparties dans l'ensemble de la ville. Pour ce qui est des quartiers nord, les plus touchés par les règlements de comptes liés au trafic de drogue, on y dénombre environ 400 caméras.

Pour les syndicats de police, cet outil est intéressant pour obtenir notamment des plaques d'immatriculation ou des directions de fuite lors de scènes de violence. D'après Sébastien Generon, interrogé par BFM Marseille Provence, plusieurs affaires élucidées sur Marseille le sont "d'une manière directe ou indirecte grâce à l'utilisation par les services d'enquête voire les services de voie publique, des caméras de vidéosurveillance".

"Aujourd'hui les caméras de vidéoprotection permettent de faire énormément d'interpellations après visionnage. Bien sûr qu'elles ne vont pas permettre d'arrêter un tueur", poursuit sur BFM Marseille Provence Rudy Manna, secrétaire départemental du syndicat Police Alliance dans les Bouches-du-Rhône.

Pas une solution miracle pour la municipalité

Mais pour la mairie de Marseille, les caméras ne sont pas la solution miracle pour lutter contre les règlements de compte. En mars dernier, la municipalité a déjà décliné plus d'un million d'euros de subvention du ministère de l'Intérieur pour s'équiper de plus de caméras.

Leur installation est effectivement une compétence qui relève du maire. Six mois plus tard, la municipalité n'a pas changé d'avis sur la question malgré le fait que Gérald Darmanin ait encore une fois proposé de financer ces caméras en partie.

"Vous savez bien que la moindre caméra de surveillance n'arrêtera pas des personnes encagoulées, déterminées avec des armes automatiques qui veulent en découdre pour des territoires et des guerres de territoires liées au trafic de drogue", justifie Yannick Ohanessian, adjoint au maire en charge de la tranquillité publique à l'antenne de BFM Marseille Provence.

L'adjoint à la mairie de Marseille ajoute que dans certains quartiers de la ville, "la durée de vie d'une caméra est équivalente à 48 heures". La municipalité avance un autre argument: chaque année, leur maintenance coûte 7 millions d'euros.

Multiplication des règlements de comptes

La question de la sécurité est revenue sur le devant de la scène à Marseille alors que la ville connait une accélération du nombre de règlements de comptes depuis deux mois. Ce week-end, quatre jours après la mort d'un adolescent de 14 ans, trois hommes ont été tués dans deux fusillades différentes. Interrogée sur BFMTV ce mardi, la préfète de police des Bouches-du-Rhône a déploré "une accélération indéniable du phénomène d'assassinat".

Selon des informations de RMC, un grand plan pour Marseille est en préparation à l'Elysée. Celui-ci comprendrait des mesures concernant la sécurité et la justice mais aussi l'éducation. Le ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, en déplacement ce mardi à Marseille, a d'ores et déjà promis l'arrivée de magistrats supplémentaires dans la ville. Emmanuel Macron y est quant à lui attendu prochainement.

Marine Langlois