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"Carrément, j’ai peur": l’angoisse des habitants des quartiers Nord de Marseille face aux règlements de comptes

Alors que trois personnes ont été tuées dans des règlements de comptes à Marseille ces derniers jours, l’angoisse monte parmi les habitants des quartiers Nord, excédés par la situation.

15 personnes sont mortes dans des règlements de compte à Marseille depuis le début de l’année. Parmi elles, un adolescent de 14 ans mercredi 18 août et trois personnes le week-end du 21 et 22 août. Ces faits sont en nette augmentation depuis la mi-juin, confirme ce mardi sur BFMTV la préfète de police des Bouches-du-Rhône.

Une situation particulièrement difficile à vivre pour les habitants des quartiers Nord. Les résidents ne cachent plus leur angoisse et espèrent de plus en plus être relogés dans des secteurs moins à risques.

L’angoisse grandissante des résidents des quartiers Nord

"Carrément, j’ai peur", confirme Jean-Marie, habitant du quartier de La Castellane depuis près de 40 ans. "À mon époque, quand on avait des comptes à régler avec quelqu’un, on y allait, on se tapait et on rentrait chez nous", se souvient-il.

"Là à tout moment, même sans y être mêlé on peut perdre quelqu’un, c’est ça qui fait peur en fait", résume ce Marseillais.

Même les quartiers réputés tranquilles ne sont pas épargnés par ces faits. À la Marine Bleue, deux hommes ont été abattus samedi dernier. Certaines familles vivant dans ces cités veulent donc fuir l’insécurité. Le président de 13 Habitat Lionel Royer-Perreaut, un bailleur à Marseille, confirme que le nombre de demandes de relogement est de plus en plus important.

"Souvent, les personnes sont prêtes quelques fois à prendre des logements dans des habitats privés, avec des loyers qui peuvent être beaucoup plus importants, pour se mettre en sécurité, quitte à se mettre dans des situations financières compliquées", poursuit-il.

Vers un "grand plan d’action" de l’Élysée?

Un "grand plan d’action" serait en cours de préparation selon des informations de RMC. Sur BFMTV-RMC, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a par ailleurs confirmé qu'un déplacement d'Emmanuel Macron sur place était prévu prochainement.

En attendant, le maire Benoît Payan a affirmé sur BFMTV sa volonté de lutter contre l’insécurité et les trafics de stupéfiants dans la cité phocéenne et réclamé des moyens supplémentaires à la fois pour la police et la justice.

"Il faut aller taper les trafiquants là où ça fait mal. On n'est pas face à une petite délinquance. On a affaire à des bandes organisées, on a affaire à un trafic international de drogue, d'armes, de stupéfiants dans cette ville", insiste-t-il. Sur la question de la justice, le maire de Marseille plaide pour la création d'un "parquet spécial", dédié au grand banditisme.

Lucas Brousse avec Margot Hutton